Nos petits LU vont-ils être fabriqués à base de beurre de cacahuète ? Ce n’est pas pour tout de suite. Mais l’annonce hier matin du rachat de la branche biscuits et produits céréaliers de Danone par l’américain Kraft Foods fait grincer des dents.
Les différentes marques de LU France (Cracotte, Mikado, Taillefine, Prince, Pepito, Tuc…) seront cédées au numéro un mondial du secteur pour la somme de 5,3 milliards d’euros.
Au-delà du symbole – nos goûters préférés aux mains des Américains –, il existe un risque pour la pérennité des 3 200 emplois de LU France. Irène B. Rosenfeld, la PDG de Kraft, s’est toutefois engagée à maintenir le siège européen en région parisienne et, surtout, à “ne procéder à aucune fermeture de site de production de Danone en France, et ce, pour une durée minimale de trois ans à compter de la signature de l'accord”.
Mais du côté des syndicats, cette annonce ne rassure pas. “Dans trois ans, on fait quoi ? C’est vite arrivé pour les 3 200 salariés”, s’exclame Yves Savoyat, secrétaire (FO) du comité central d’entreprise de LU France. Il a aussi déploré que “le patriotisme, si souvent mis en avant par Danone, soit oublié”.
Danone préfère le liquide
Force ouvrière regrette que Danone se désengage de
cette branche, redevenue profitable depuis quelques années. Mais ce secteur, qui représente 16% du chiffre d’affaires total de Danone, n’est plus la priorité du groupe depuis longtemps. Avec cette cession, l’entreprise pourra se focaliser sur l’eau, les boissons et les produits laitiers, ses points forts.
Selon le PDG de Danone, Franck Riboud, la signature de la vente devrait avoir lieu “au cours du dernier trimestre 2007”. L’émoi est grand après cette nouvelle… même pour Franck Riboud, qui a admis que cette vente était “émotionnellement difficile” pour lui.



































