“Un an avant ma naissance, Simone Veil, alors ministre de la Santé, est insultée publiquement par des députés quand elle défend la loi sur l’interruption volontaire de grossesse. Depuis, le monde a changé, le mur de Berlin est tombé, mais le sexisme ordinaire le plus honteux est toujours présent.”
Les propos machistes de Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l’UMP et président du conseil général des Hauts-de-Seine, en direction d’Anne-Marie Comparini, conseillère régionale du MoDem, nous ramènent à une réalité violente et brutale, au machisme le plus primaire. Penser que le machisme n’est réservé qu’à certains est une grave erreur. Je n’oublie pas cet élan de novembre 2006 qui s’est élevé contre les propos sexistes de certains rappeurs. Qu’est-il devenu aujourd’hui ?
Il est triste de constater que ces paroles restent néanmoins plus dangereuses dans la bouche d’un responsable politique censé garantir le respect de nos concitoyens et défendre la dignité là où elle est bafouée. Ces petites phrases assassines, ces comportements révèlent le long chemin qui reste à parcourir pour les femmes en politique. Un an avant ma naissance, Simone Veil, alors ministre de la Santé, est insultée publiquement par des députés quand elle défend la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Depuis, le monde a changé, le mur de Berlin est tombé, mais le sexisme ordinaire le plus honteux est toujours présent. En 2006, j’assiste comme de nombreuses femmes effarées aux insultes essuyées par Ségolène Royal de la part de ses “compagnons”. Jean-Luc Mélenchon et Patrick Devedjian ont au moins un point commun : ce machisme rétrograde qui freine la rénovation de nos institutions.
Les filles des cités ont trop longtemps souffert de la loi du silence pour laisser libre cours au machisme ordinaire dans les couloirs de la République. J’attends des responsables politiques des sanctions exemplaires envers monsieur Devedjian, afin que la République du respect, que nous souhaitons tous, ait un sens pour notre jeunesse. Face à l’espoir soulevé, rien ne sera plus jamais comme avant. Nous ne transigerons plus avec ces sous-entendus, avec ces insultes explicites. Au-delà des symboles, seuls les actes auront une valeur pédagogique. Il faut une République qui s’assume, une République qui ne transige pas avec la mixité, afin de mettre en marche le processus de l’égalité réelle.






















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