Mis à jour 03-07-2007 11:00
Le phénomène des blogs BD
En pleine augmentation, les blogs réalisés entièrement graphiquement sont une nouvelle façon de travailler et se faire connaître pour les jeunes talents dessinateurs...

Extrait du blog de Miss Gally

Extrait du blog de Pénélope Jolicoeur

Extrait du blog de Paprika
"Ces blogs permettent une proximité évidente entre le lectorat et les auteurs".
Yannick Lejeune
Ils n'écrivent pas leur blog, ils le dessinent. C'est ainsi que les auteurs et artistes de blogs BD s'expriment. S'ils empruntent au blog les outils et plateformes de publication ainsi que l'aspect régulier voire personnel des sujets traités, les blogs BD se distinguent en revanche par un contenu entièrement dessiné. D'une planche de BD à une succession de dessins, voire un dessin unique, Internet permet aux dessinateurs et illustrateurs de s'exprimer dans des réalisations souvent plus courtes qu'en format papier.
Quel intérêt pour un dessinateur?
Avec le phénomène des blogs BD, certains jeunes talents ont ainsi pu se faire remarquer grâce à leur production qu'ils diffusaient à tous et gratuitement, ce qui n'aurait pas été possible dans un schéma d'édition classique. "C'est un vivier passionnant des auteurs de demain", explique Yannick Lejeune, organisateur du Festival des Blogs BD. "Entre le précédent Festival et celui de cette année, 50% des auteurs sont passés professionnels et 80% ont publié un ou plusieurs albums". Ainsi, c'est par les blogs BD que le dessinateur Lewis Trondheim a repéré des talents tels qu'Allan Barte ou Martin Vidberg. "Ce média qu'est Internet est une vitrine complètement dingue pour un créatif", s'enthousiasme de son côté Pénélope Bagieu, l'auteur des aventures dessinées en blog de Pénélope Jolicoeur. "Si cela ne fait pas tout, ça m'a vraiment apporté des contacts pour mon travail", raconte-t-elle.
"Proximité entre le lectorat et l'auteur"
Les spécificités d'une publication sur Internet intéressent également les artistes pour des raisons techniques : la diffusion est immédiate, l'artiste garde le contrôle total de son œuvre et sur sa disposition, et enfin ils recueillent en direct les réactions et commentaires de leurs lecteurs. "Ces blogs permettent une proximité évidente entre le lectorat et les auteurs", précise Yannick Lejeune. "Avant, l’auteur travaillait dans son coin pendant six mois, ensuite il fallait trois mois pour être publié, et à la fin de cette grossesse solitaire, il obtenait un avis du public et de la critique. Aujourd’hui, le blog permet d’avoir un retour des lecteurs quasi instantané".
Vivre de son blog n'est pas l'objectif
Toutefois si tenir un blog BD permet de se créer une vitrine pour son travail à moindre frais, les prétentions ne peuvent pas être d'en vivre. "Pas aujourd'hui", répond l'organisateur du Festival des blogs BD, "certains webcomics sont devenus payants aux Etats-Unis ou se rémunèrent au nombre de publicités affichées, mais il y a là-bas un effet de masse qui rend cela possible. En France, le blog est plus un 'apporteur d’affaires' qu’un moyen de se rémunérer".
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