Même si vous ne grattez que trois accords de guitare, pas de souci. Les cafés-concerts parisiens sont là pour accompagner vos débuts sur scène. Mais si votre instrument est votre corps, parce que vous êtes danseur, alors c’est une tout autre histoire.

« Il manquait un trait d’union entre les garages de banlieue parisienne et les théâtres de ville guindés, où les danseurs semi-amateurs pourraient se produire », explique Fred Robert. Grâce à lui, et à sa complice Emmanuelle Bonetti, (respectivement membre de Commerce et Développement, entreprise mécène qui a créé la MAS, Maison des Associations de Solidarité et prof à Sciences Po), ce trait d’union existe.

Ces deux passionnés de danse contemporaine viennent de créer l’Oudapo, l’Ouvroir de Danse potentielle (en clin d’œil à l’Oulipo créé par Raymond Queneau et Georges Pérec*). Le duo donne rendez-vous une fois par mois aux semi-amateurs/semi-professionnels de danse et aux curieux à la MAS, dans le XIIIe arrondissement de Paris, pour une soirée dédiée à la danse contemporaine et hip-hop, et à la vidéo-performance.

Fourre-tout
« Cet esprit fourre-tout, on le tient de l’Oulipo », explique Fred Robert. L’anti-académisme aussi : « Nous aimons bien l’idée, dans une seule et même soirée, de voir se produire des élèves d’une école de danse, des personnes âgées et des danseurs en fauteuil roulant ».

La première édition de l’Oudapo, qui,  allez savoir pourquoi, s’appelle édition 0, a lieu samedi 30 juin, à la MAS. En première partie, les amateurs de L’air ivre association présenteront une pièce de danse contemporaine accessible. Suivra Agathe Dumont, repérée par les fondateurs de l’Oudapo au festival Micadanses, et qui proposera une drôle de déambulation : celle d’Audrey Hepburn ivre. Pour clore le programme de cette première, une vidéo-performance plutôt déroutante et créée pour l’occasion par Kami Hitoé.

Cette soirée est un coup d’essai, avant les vacances. La seconde édition de l’Oudapo (la n°1 donc, si vous avez suivi !) aura lieu le 13 octobre prochain. Puis la n°2 un mois plus tard, et ainsi de suite.