C’est Graziella Robert, de Médecins du monde (MDM), qui a relayé l’information en fin de semaine dernière. Selon les sans-abri, qu’elle côtoie depuis longtemps, et les associations avec qui elle travaille, de nombreux SDF des bords de Seine et du canal Saint-Martin auraient reçu la visite surprise d’agents en tenue qui leur auraient demandé de partir.
“D’après les témoins, il s’agirait d’agents de la Ville de Paris. Les policiers, on les reconnaît”, indique Graziella Robert. Une accusation démentie par la Ville de Paris. “Nous effectuons actuellement un recensement des sans-abri sur les bords de Seine, entre autres pour leur trouver une solution d’hébergement. Jamais nous ne les avons sommés de partir. On peut facilement confondre les agents de la Ville avec ceux de la police, ils ont presque le même uniforme”, se défend Mylène Stambouli, adjointe chargée de la lutte contre l’exclusion. Reste que, mardi, toutes les toilettes publiques du canal Saint-Martin étaient retirées… à la demande de la municipalité.
Gênant pour les touristes
La disparition des tentes dans Paris intervient à quelques semaines du lancement de Paris-Plage. “Trouvez-vous normal que les touristes qui se promènent en péniche voient des tentes sur les bords de Seine et que des gens y vivent ? interroge l’adjointe. Paris-Plage n’a rien à voir avec ça. Tous les ans, on nous fait le même procès. Notre priorité est de reloger les SDF installés sur les bords de Seine, c’est tout.” Graziella Robert, elle, s’étonne d’apprendre que plusieurs sans-abri auraient eu l’autorisation de rester à leur emplacement, mais sans leur tente. Certains les auraient même jetées dans la Seine : “Forcément, un campement pour les pauvres, ça peut déranger les bobos… A chacun ses priorités.”
Chacun ses fonctions
La Ville, qui tente de trouver différentes solutions pour les sans-abri, rappelle que l’Etat a des devoirs auxquels il ne répond pas et que, seule, elle ne peut résoudre tous les problèmes. Médecins du monde pour sa part exige qu’une déclaration publique de la Ville soit faite si elle procède vraiment à un recensement. “Les sans-abri sont terrifiés. S’il s’agit d’un simple comptage pour du relogement, qu’on nous le dise !”



































