Mis à jour 19-06-2007 10:10
Second Life menacé
Une association réclame la fermeture du site en France

Jeux de hasard et sexe existent aussi sur Second Life.
En chiffres
• Second Life existe depuis 2003, mais a véritablement explosé l’an dernier en France.
• Ce monde virtuel compte 7,2 millions d’inscrits, dont 1,7 million de membres actifs (connectés au moins une fois au cours des deux derniers mois).
• La France se classe au 3e rang des pays les plus accros à Second Life, derrière les Etats-Unis et l’Allemagne, avec plus de 100 000 utilisateurs.
La justice rendra sa décision le 2 juillet prochain
Pour se défendre, Second Life a sorti le grand jeu. Assignés en référé par l’association Familles de France, une dizaine de fournisseurs d’accès ainsi que l’hébergeur lui-même, l’américain Linden Lab, se sont déplacés hier au palais de justice de Paris pour assister à l’audience. L’Association des fournisseurs d’accès (AFA), bien que non assignée, a elle aussi tenu à défendre sa cause. Sur le pied de guerre, les intervenants ont fait durer les débats près de quatre heures. Il faut dire que Familles de France a frappé fort.
Attaque “disproportionnée”
Sur Second Life, on peut se faire greffer un sexe, acheter de la drogue ou encore jouer de l’argent. Choquée par “ces dérives”, l’association dénonce “un accès au site sans limites pour les mineurs”. Le problème, c’est que Orange, Free, Neuf et les autres ne peuvent pas techniquement mettre en place un blocage en fonction de l’utilisateur ni couper l’accès à certaines parties du site seulement. Familles de France réclame donc l’interdiction pure et simple de Second Life à tous les internautes. “L’attaque est d’autant plus disproportionnée et stérile que la France est le seul pays au monde qui propose des outils de contrôle parental sans surcoût”, fait valoir Giuseppe de Martino, président de l’AFA, qui espère que le juge créera une jurisprudence, le 2 juillet prochain, en donnant tort à Familles de France.
Des dollars bien réels
Seulement quatre cas de pédopornographie ont été recensés depuis 2003, a pour sa part affirmé l’avocat de Linden Lab, maître Winston Maxwell. L’un d’eux, en Allemagne, aurait été résolu grâce à la coopération de l’éditeur américain avec la police. Mais la charge la plus sérieuse pourrait venir d’ailleurs. Car s’il y a une dimension bien réelle dans Second Life, c’est l’opportunité de se faire pas mal d’argent grâce aux casinos et autres établissements de jeu, dans la mesure où les dollars virtuels peuvent s’échanger contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Se méfiant des ennuis éventuels, Linden Lab a lui-même alerté le FBI concernant la multiplication des jeux d’argent sur le site. Après enquête, la police fédérale a rédigé un rapport classé confidentiel… en attendant de faire part de ses conclusions.






