Jamais un équipement policier n’avait autant suscité de polémique. Le Taser X-26, un pistolet à impusions électriques venu des Etats-Unis, équipe progressivement depuis la fin novembre 2006 la police et la gendarmerie. Plusieurs associations de défense des droits de l’homme s’alarment de l’arrivée de ce nouveau matériel.
En mars 2006, Amnesty International avait lancé un appel à la suspension de l’utilisation des pistolets paralysants, expliquant que ces engins seraient en partie responsables d’au moins 260 morts aux Etats-Unis. “Attention, nous ne disons pas que ces personnes sont mortes à cause du Taser, mais nous pensons qu’il y a un lien entre le Taser et ces décès”, explique Benoît Muracciole, coordinateur de campagne chez Amnesty International.
0,062% d’incidents “sérieux”
Chez Taser, on minimise l’importance de ces “dommages collatéraux” : “Au
30 avril 2006, aucune autopsie n’avait retenu le Taser comme facteur contributif d’un décès”, explique Antoine Di Zazzo, directeur général de Taser France. Selon les chiffres fournis par la société, sur 9 685 incidents rapportés en février 2006, 27 blessures légères ont été recensées (genoux écorchés, coupures de lèvres, tirs dans les parties intimes, etc.). Les incidents plus sérieux (sonde dans les yeux, arrêts cardiaques, etc.) ne représenteraient que 0,062% des cas.
2 milliampères
Même quand on est fragile du cœur ? “Pour déclencher une fibrillation, qui est le premier stade avant l’arrêt cardiaque, il faut une décharge entre 50 et 100 milliampères, explique le docteur Gérald Kierzek, médecin à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu à Paris. Or, le Taser a une intensité de 2 milliampères.” Du côté des utilisateurs, l’engin a conquis son public.
“L’énorme avantage, c’est que le Taser est très sécurisant”, explique un policier. Les forces de l’ordre sont donc moins stessés, d’autant que le risque d’intervention physique est réduit : à la brigade anti criminalité de Lyon, la mise en service de l’appareil aurait même réduit le nombre d’arrêts de travail. Et pour les interpellés, “dès que le policier sort son Taser, une caméra enregistre la scène. De plus, chaque cartouche est marquée. Il y a une trace très précise de l’utilisation qui est faite de l’arme”, explique Antoine Di Zazzo. Nous voila presque rassurés.



































