Médecin raté, infirmier en psychiatrie pas vraiment épanoui, Kamini a trouvé sa voi(e/x): le rap. Mais pas le rap bling-bling américain des grosses cylindrées et des grosses poitrines, ni celui gangsta/HLM des cités françaises, non un rap-pop, drôle à souhait.

Son nouvel album, "Psychostar world", qui vient de sortir, reprend bien entendu son tube "Marly-Gomont", où il évoque sa vie de Black dans un petit "patelin" de Picardie, mais également ses expériences dans les hôpitaux psychiatriques (il était infirmier jusqu'en janvier), sa fascination pour les Chevaliers du Zodiac... Pour son premier single, il devient blanc, "de partout, même de la quequette". Logement, contrôle de papiers, entrée en boîte, clichés, tout y passe.

"Mon style, c'est de parler de ce que je connais... et je me suis jamais fait courser par des keufs dans les cages d'escaliers, alors à quoi bon raconter n'importe quoi", explique-t-il avec le sourire. Une victoire de la musique et un portrait dans le Time magazine (élu parmi les personnalités de l'année) plus tard, Kamini n'en revient toujours pas d'avoir déchaîner les passions. "Un jour j'étais à Marly pour faire un reportage télé, et là, je tombe sur des Hollandais venus visiter le village qu'ils avaient vu sur internet, c'est fou, non?"

Seule peur après un tel départ: que le public qui achète des CD ne soit pas le même que celui qui surfe sur le web. "En attendant, j'en profite bien. Je passe chez Cauet, chez Pernaut, rigole-t-il. L'autre soir, j'étais invité à un gala de bienfaisance, il y avait Laam, Elie Seimoun et tout. Moi j'étais dans mon coin. Ils ont dû croire que je me la pétait, mais j'étais juste mort de trac."