Certains l’appellent le “premier génocide du XXIe siècle”. D’autres, le génocide oublié. Le conflit qui saigne depuis 2003  le Darfour, au sud-est du Soudan, a causé plus de 200 000 morts et le déplacement de presque 2 millions et demi de personnes. Sur fond de nettoyage ethnique, il s’agit d’une guerre civile qui oppose l’armée, alliée à des milices arabes, à des forces rebelles issues des tribus noires locales.

Quelles sont les solutions à envisager pour mettre fin à ce conflit ?
Il faut que les Etats mettent de la bonne volonté pour que la Chine, la Russie et les pays de la Ligue arabe arrêtent de soutenir un gouvernement qui leur fournit du pétrole mais  commet des exactions contre les populations civiles. Pour y parvenir, l’opinion publique internationale doit faire pression. Quant aux gouvernements européens, ils doivent être plus offensifs pour protéger ces populations.

Pourquoi la France est-elle souvent accusée d’immobilisme ?
Le Darfour est au Soudan et le Soudan est en Afrique. Il y a en France un “afro-pessimisme”, comme s’il s’agissait d’un continent où, fatalement, on ne pouvait pas faire grand-chose. Ajoutons qu’il s’agit d’un pays anglophone, les Français n’y ont donc jamais eu d’influence directe. Tout cela contribue à une relative mobilisation, même si les choses ont récemment un peu changé. On parle beaucoup, mais on n’agit pas.

Qu’attendez-vous de la nomination de Bernard Kouchner au ministère des Affaires étrangères ?
C’est un homme qui a partagé beaucoup des positions de notre collectif. Il s’est engagé depuis longtemps en faveur des populations du Darfour. Je suis persuadé qu’il pourra être un élément contributif important pour protéger ces populations.