Mis à jour 30-05-2007 09:55
“Une nouvelle éthique du capitalisme est nécessaire”
La parole à Sophie de Menton, présidente de l’association Ethic

Sophie de Menton.
Photo : dr
Sophie de Menton est présidente de l’association Ethic (Entreprises de taille humaine indépendantes et de croissance).
Faut-il légiférer sur les parachutes dorés des patrons ?
Non, on ne peut pas. Aujourd’hui, le siège d’une entreprise peut être situé partout dans le monde. Il ne faut pas tromper les Français avec de bonnes intentions et des remèdes placebos. Cela dit, une nouvelle éthique du capitalisme est nécessaire face à des scandales concernant les sommes, les nominations ou encore les délits d’initiés. Mais qu’un dirigeant en sache plus sur son entreprise que monsieur Tout-le-monde, encore heureux, c’est son rôle. Par définition, il a plus d’informations que quiconque.
Quelle serait la solution face aux scandales ?
Le principe de l’autorégulation. Chez Ethic, nous allons proposer une charte à faire signer. On pourrait ensuite publier le nom de ceux qui la refusent. Il faudrait également empêcher un dirigeant d’acheter ou de vendre des stock-options pendant l’exercice de son mandat. Enfin, l’Etat ne devrait plus être à l’origine des nominations des dirigeants, comme dans le cas de Noël Forgeard.
Les salaires des grands patrons ne sont-ils pas démesurés ?
On ne peut pas mettre tous les dirigeants dans le même sac. Contrairement à Noël Forgeard, Antoine Zacharias, par exemple, a fait gagner beaucoup d’argent à beaucoup de gens. Cela dit, ces salaires énormes et les intéressements devraient suffire et rendre inutiles les golden parachutes. Il faut arrêter d’entretenir la jalousie vis-à-vis des gros salaires. Pendant des années, les dirigeants français ont gagné beaucoup moins que les autres. Ce qu’il faut, c’est davantage d’autocontrôle.






