“Il n’est pas concevable que les loyers continuent de croître deux fois plus vite que l’inflation.”
Après plusieurs mois de campagne électorale, le pouvoir d’achat qui a été analysé, disséqué, fait désormais partie des priorités affichées par le nouveau président de la République. L’une des causes principales de sa baisse est, selon nous, à rechercher dans la hausse des prix de l’immobilier et notamment des loyers.
Depuis deux trimestres consécutifs le nouvel indice de revalorisation des loyers (IRL) augmente encore deux fois plus vite que l’inflation (2,78% au 3e trimestre 2006, 3,19% au 4e trimestre). Les locataires devront encore mettre la main à la poche et subir des hausses devenues insupportables pour un nombre croissant de familles qui ne pouvant plus accéder à un logement sur le marché libre iront grossir la file d’attente interminable des demandeurs de logements sociaux. Cette situation accentue encore le fossé entre les prix des logements privés et ceux des logements sociaux rendant le passage de l’un à l’autre souvent insurmontable.
Ce nouvel indice de revalorisation des loyers est calculé à partir de l’évolution de différents indices, pour 60% de sa valeur il tient compte de l’inflation, pour 20% d’un indice mesurant les coûts d’entretiens immobiliers et pour 20% du coût de la construction. Imaginons ce que serait la situation des locataires si le dispositif de revalorisation des loyers n’avait pas été réformé en 2006. Les loyers suivraient les évolutions du coût de la construction et augmenteraient annuellement en moyenne de 6 à 7 %.
Dès le départ, la CLCV avait demandé que les évolutions des loyers soient plafonnées par l’évolution du pouvoir d’achat. Il n’est pas concevable que les loyers continuent ainsi de croître deux fois plus vite que l’inflation, ce qui cumulé à la pratique des bailleurs de demander aux locataires de justifier des revenus 3, 4 voire 5 fois supérieurs au montant du loyer, empêche de plus en plus de personnes d’accéder à un logement décent et multiplie les habitats précaires (camping, hébergement, mobil-home, etc.).
La situation nous incite à renouveler notre demande de plafonner l’évolution des prix des loyers à celle du pouvoir d’achat. Il en va de la situation de millions de locataires pour lesquels trouver un logement et s’y maintenir devient jour après jour plus angoissant mais aussi de l’intérêt des pouvoirs publics et de la société dans son ensemble qui à moyen terme devront supporter les coûts économiques et sociaux d’une telle situation.






















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