“Je suis là depuis huit ans et je suis toujours au smic, pourtant je travaille presque tous les jours jusqu’à 22 heures.” Marie-Hélène, caissière à Monoprix

Trois jours avant le second tour de l’élection présidentielle, plusieurs syndicats d’entreprises emblématiques appellent à des mouvements dans toute la France, alors que les syndicats de le SNCF se réunissaient hier pour décider de l’organisation d’une journée de mobilisation fin  mai ou début juin. Tour d’horizon de ces revendications d’avant-vote.


La Fnac en grève

L’annonce de la suppression de 300 emplois administratifs chez l’“agitateur depuis 1954” fait des mécontents : “Le plan de restructuration est en fait un plan de suppressions de postes maquillé. On nous dit qu’on va nous recaser, mais on n’est pas dupes, on ne va pas être tous au rayon télé !” décare Pascal, un vendeur de disques. Sept syndicats de la Fnac appellent à la grève aujourd’hui, contre les suppressions de postes. Il y aura “zéro licenciement” et “100% de reclassements”, s’est pour sa part engagée la direction, qui ajoute que 3 000 postes seront à pourvoir dans les trois années à venir. Dans Le Figaro, le président de la Fnac, Denis Olivennes, s’est emporté contre les syndicats : “Ils disent non à tout. C’est Jurassic Fnac !"


Remous à Airbus
A Airbus, la pilule ne passe décidément pas. Un millier de salariés des deux sites Airbus de Saint-Nazaire ont voté hier la reconduction de la grève entamée vendredi dernier pour réclamer notamment une prime exceptionnelle.  Airbus a annoncé la semaine dernière aux salariés le versement de primes de 2,88 euros en moyenne par salarié, après l’annonce du versement d’un parachute doré de 8,4 millions d’euros à Noël Forgeard, l’ancien président exécutif d’EADS, lors de son éviction. Hier, la direction d’Airbus  a proposé “une augmentation salariale de 2,5%”, ainsi qu’“une prime  de 500 euros”.


Mécontentement chez Monoprix
“Je suis là depuis huit ans, et je suis toujours au Smic, pourtant mes horaires ne sont pas faciles : je travaille presque tous les jours jusqu’à 22 heures !” déclare Marie-Hélène, caissière à Monoprix qui fera grève aujourd’hui à l’appel de l’intersyndicale CFDT-CGT-CFE-CGE-CFTC-FO.  “Une nouvelle fois, les résultats de l’entreprise ne sont pas partagés”, explique la   CFDT. La direction “regrette ce mouvement social”, selon Alain Cousin, directeur des ressources humaines magasins de Monoprix, d’autant “que nous avons rencontré les syndicats à cinq reprises”. Pour lui, il y a, à l’approche des élections, “des éléments d’incompréhension” : “en tenant compte de la part variable des salaires, nos collaborateurs gagnent aujourd’hui entre 14 et 15 mois de salaire par an”.