Caché derrière sa guitare presque trop grande pour lui, Emmanuel Da Silva chante pour la énième fois “L’indécision”, le tube incontournable de son premier album. C’était début mars dernier, sur la scène des Victoires de la musique, où il avait été nommé dans la catégorie “Révélation du public”. “Ça m’a fait plaisir, mais franchement, une révélation à trente balais quand ça fait quinze ans que tu tournes, y’a mieux !”
Sur la route
La musique, il est en effet tombé dedans quand il avait tout juste dix ans et qu’il écoutait les groupes du centre culturel de son bled de province. “Ils avaient des chouettes blousons et des belles bottes, alors moi aussi, je me suis acheté une guitare électrique.” Depuis, il a joué dans une multitude de formations, a beaucoup tourné, pas mal galéré aussi. “J’ai réussi à survivre de la musique pendant huit ans, puis après j’ai bossé dans plusieurs maisons de disques pour gagner de l’argent.” C’est en signant chez le label Tôt ou tard qu’il devient finalement Da Silva – son nom de famille, en hommage à ses origines portugaises – et qu’il se consacre entièrement à la musique. En 2005, il fait parler de lui avec Décembre en été, part en tournée dans la foulée et “n’a pas le temps de voir le succès arriver”.
Douce mélancolie
A peine sa tournée terminée, il s’enferme en studio pour enregistrer un second album. “J’ai gardé beaucoup de maquettes guitare-voix que j’avais enregistrées tout seul chez moi, c’est ce qui donne ce son un peu rugueux. Ça permet aussi de garder la fraîcheur. Alors qu’en studio, on recherche plus la perfection, moi je suis vraiment dans l’émotion.” Et de l’émotion, De beaux jours à venir en est rempli à chaque chanson. Douze titres plus doux les uns que les autres, qui prennent les tripes et dont on ne se lasse pas. “Je suis plutôt de nature joyeuse, mais quand j’écris, j’aborde des thèmes tels que les sentiments ou les rapports à l’autre, ce qui n’est pas si simple, explique-t-il. D’ailleurs, comme dirait Miossec, la mélancolie, c’est comme le communisme, tout le monde y a droit de temps en temps.” En partance pour une nouvelle tournée qui s’annonce “plus électrique”, on ne peut que lui souhaiter “de beaux jours à venir”.
PUBLICITÉ
Mis à jour 24-04-2007 11:04
Da Silva sur la bonne voix
Son second album est une merveille de mélancolie et d’émotion

Da Silva signe douze titres émouvants au son rugueux. Photo : © richard dumas
Artiste : Da Silva
Album : De beaux jours à venir
Label : Tôt ou tard
Sondage
Vous et Claude Guéant



































