La conscience grandissante des problèmes liés au réchauffement climatique et sur notre propre santé appelle chacun à agir pour l’environnement. Surfant sur cette vague verte, les entreprises cherchent à séduire par une publicité qui met en avant les vertus écologiques de leurs produits.

“Blanchiment écologique”
Mais selon l’Alliance pour la planète, “de plus en plus de publicités font une utilisation abusive et mensongère de l’argument écologique”. Ce collectif d’associations, qui rassemble FNE, le WWF et Greenpeace, dénonce cette pratique du “blanchiment écologique”. L’Alliance met en cause le système de régulation de la publicité en France qui dépend essentiellement d’une association qui regroupe les professionnels de la publicité : le bureau de vérification de la publicité (BVP). Hormis les publicités télévisées, le BVP ne contrôle que les publicités qui lui sont soumises volontairement.

Pour démontrer les limites  de l’autodiscipline, l’Alliance propose sur son site un palmarès de publicités qui “ne respectent pas la déontologie professionnelle”. On y trouve des 4x4 dont l’image est associée à la nature, des entreprises énergétiques qui vantent la disponibilité illimitée des énergies renouvelables, alors qu’elles commercialisent essentiellement de l’énergie d’origine fossile, etc.

Des messages trompeurs
Pour l’Alliance, de tels messages trompent le consommateur et nuisent aux entreprises qui font un  vrai effort pour l’environnement. Le BVP conteste la lecture faite par l’Alliance de ces annonces : selon son directeur général, Joseph Besnaïnou, “le système fonctionne et il y a très peu de cas qui posent problème quand on considère le nombre de messages publicitaires diffusés”.

Ce n’est pas l’avis de l’Alliance, qui demande “la mise en place d’un organisme public indépendant pour sanctionner les dérives de la publicité”. Mais, selon Joseph Besnaïnou, “la sanction ne résout pas tous les problèmes et les bonnes pratiques ne peuvent venir que d’une responsabilisation des acteurs”. Que le vert fasse vendre, c’est bien. Mais les consommateurs ont intérêt à se responsabiliser aussi, car submergés par les messages qui appellent à agir pour l’environnement, il ne leur est pas toujours facile de distinguer les bonnes des mauvaises affaires.