Des nouveautés littéraires à 20 euros et plus, des DVD à 16 euros, des places de cinéma à près de 10 euros, des concerts à plus de 40 euros… Comment comptez-vous permettre aux produits culturels de devenir enfin plus abordables pour tous les Français ? Etes-vous favorable à une baisse de la TVA sur ces produits ?
La France est en première ligne dans la défense de l’exception culturelle. Cette démarche signifie une chose élémentaire : la culture est une valeur, pas simplement une activité économique. Je suis donc favorable à l’application du taux réduit de TVA à 5,5% sur l’ensemble des produits culturels. Et je prends l’engagement de me battre au niveau européen pour qu’il en soit ainsi.

Le marché français du disque, qui a reculé de près de 14% l’an passé d’après le Snep, connaît actuellement une crise profonde, provoquée pour partie par le téléchargement illégal sur Internet. La répression contre les internautes téléchargeurs vous parait-elle la seule voie à suivre pour endiguer le phénomène ?
Sans protection et rémunération des droits d’auteur, il n’y a pas de création ; mais dans le même temps, Internet constitue un modèle où certains créateurs peuvent mettre à disposition des œuvres libres de droits. Lors de la discussion du projet de loi DADVSI, je me suis opposé au volet répressif, car il instituait, selon moi, une « police privée sur Internet » qui menaçait les droits des internautes sur leurs ordinateurs personnels.

Aujourd'hui, après la sortie en salles, les Français doivent attendre 6 mois pour acheter le DVD d’un film, 33 semaines pour le télécharger en VoD ou encore 9 mois pour le voir en « pay per view ». Allez-vous modifier ces règles pour permettre aux Français de consommer plus librement les œuvres audiovisuelles ?
Cette logique dans la production, la diffusion et l’exploitation des films en salles permet de rémunérer l’ensemble des acteurs de la chaîne. Mais j’observe également que plusieurs réalisateurs sont favorables à une évolution qui donnerait une « deuxième chance » à certains films qui n’ont pu rester assez longtemps à l’affiche. Cela aurait aussi l’avantage de réduire les phénomènes de piraterie ou de téléchargement illégal de films. Le débat est amorcé.

Le Musée du Louvre ouvrira une antenne à Abou Dhabi d'ici la fin 2012. Comment jugez-vous ce système de franchise pour un musée national ? La démarche vous choque-t-elle ?
Ce qui m’inquiète, c’est évidemment le nombre d’œuvres qui seront concernées puisque contrairement à une idée reçue, les réserves du Louvre ne sont pas si importantes que cela.   Face à la force de frappe financière d’Abou Dhabi, le Louvre saura-t-il résister à des prêts d’œuvres considérées comme essentielles ? Il faudra donc être très vigilant sur ce dossier.

Avec la manne financière ainsi captée, l’entrée du Louvre ne pourrait-elle pas devenir gratuite pour les Français, à l’instar des musées nationaux britanniques ?
S’agissant de la gratuité des musées, c’est une question à laquelle il faut réfléchir. Dans leur grande majorité, les Français y sont favorables. Mais cette question est très délicate. Contrairement aux musées britanniques, le Grand Louvre a été l’objet d’une entreprise de rénovation et de modernisation considérable qui appelle un financement à la hauteur. Il faut donc trouver une voie médiane. La gratuité tous les dimanches est sans doute une piste intéressante.