Mis à jour 03-04-2007 19:45
"Un DRM commun aurait permis de contrôler les copies"
La parole à Denis Olivennes, PDG de la Fnac et auteur de La gratuité, c’est le vol. Quand la gratuité tue la culture, éd. Grasset.

Photo : DR
La major EMI a décidé d’abolir de son catalogue numérique le système DRM.
Est-ce la fin des systèmes de crytage anti-copies ?
C’est un mouvement absolument irrésistible et je suis prêt à parier très
cher que les autres majors vont suivre. La raison est la suivante : jusqu’à
présent, lorsqu’on téléchargeait de la musique de façon pirate, on pouvait
l’écouter sur n’importe quel support alors que si vous faisiez l’effort de
payer, selon le site de téléchargement, vous ne pouviez l’écouter que sur
certains appareils. Ce n’est pas normal et le consommateur a raison : quand on
a payé, on devrait avoir le droit d’écouter la musique sur
l’appareil de son choix.
Y avait-il une autre solution ?
A la Fnac, on a essayé depuis plusieurs années de convaincre Apple, Sony,
Microsoft, etc. d’appliquer la même norme en leur disant que sinon, les verrous
allaient sauter. Un DRM commun aurait permis de contrôler les copies et de les
limiter à sept ou huit par exemple. Mais ils n’ont pas réussi à s’entendre.
Avec les maisons de disques indépendantes, la Fnac a commencé depuis
l’automne à proposer des fichiers sans DRM. Quelle a été la conséquence sur les
ventes ?
Un même titre se vend beaucoup mieux sans DRM qu’avec. C'est simple, on
double les ventes. La vente de musique en ligne ne pourra progresser qu’à deux
conditions : le téléchargement doit être aussi confortable que le piratage; la
suppression du DRM va dans ce sens. Et il faut une lutte efficace contre le
téléchargement illégal. A mon sens, il faut faire porter la responsabilité aux
fournisseurs d’accès Internet et non réprimer internautes.
L’augmentation du prix des fichiers sans DRM se
justifie-t-elle ?
Je ne sais pas si cette augmentation sera durable. Je pense qu’à terme,
les prix vont être unifiés.
EMI et Apple libèrent la musique






