Les membres de la Ligue des droits de l’homme, de la Cimade et du Syndicat des avocats de France (SAF) ont dressé, mercredi, le bilan de leur travail d’observation des audiences délocalisées au centre de rétention (CR) de Cornebarrieu, où sont entendues et jugées les personnes étrangères sous le coup d’une procédure d’éloignement.

La salle, abritée dans l’enceinte du CR et qui devrait être aménagée à l’extérieur, selon le commissaire du gouvernement, suscite l’inquiétude de ces observateurs, en raison notamment du caractère “expéditif” et “collectif” des décisions rendues : “En moyenne, l’unique magistrat consacre moins de trois minutes à chaque retenu, et on constate un des taux de maintien en rétention les plus élevés en France”, souligne Flor Tercero, du SAF.

A Toulouse, selon le rapport, 96% des étrangers qui sont passés pour la première fois devant la juridiction ont été maintenus en rétention : “Le nombre d’étrangers libérés ou assignés à résidence est particulièrement faible. Alors que les audiences avaient lieu au TGI de Toulouse jusqu’en juin 2006, le taux de libération est passé de 6,25% à 2,4% lors des audiences au centre de rétention”, explique Flor Tercero.