Le rêve des plus démunis deviendra samedi réalité : 150 000 RMistes franciliens et leurs ayants droit, soit 350 000 personnes, bénéficieront de la gratuité dans les transports en commun. Votée en juin 2006, cette mesure tant attendue devient enfin concrète. La Région, qui la financera à 100%, devra verser 87 millions d’euros en année pleine pour répondre à la demande.
Cette mesure vient s’ajouter à la réduction de 75% du prix de la carte orange pour les bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC), soit 780 000 personnes, les 100 000 bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat (AME), les 30 000 allocataires de l’allocation de parent isolé (API) et les 70 000 bénéficiaires de l’ASS (allocation de solidarité spécifique).
Eviter de frauder
Jean-Paul Huchon, président (PS) de la Région et président du Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) présentera ce matin cette mesure à l’association Aurore, association, située dans le XIIIe arrondissement, qui a pour objectif la réinsertion de personnes et de familles que la maladie, les détresses morales ou matérielles, l’isolement ont conduit à une situation d’exclusion ou de précarité.
Didier Rieux, aidé par l’association, est au RMI depuis trois ans. Ancien conducteur de travaux, cet homme de 47 ans se réjouit de cette mesure : “Jusque-là, j’étais obligé de frauder, entre deux et trois fois par jour. Les chèques mobilité, d’une valeur de 80 euros environ, que l’on nous donnait ne suffisaient pas pour payer tous nos trajets. Et puis, en payant avec ces chèques, pas le droit à la réduction pour les démunis, les tickets, c’était plein pot”, explique-
t-il.
Amnistier les amendes
Malgré la mise en place de la gratuité, Didier Rieux, comme les autres RMistes, voit encore un problème. “En trois ans, j’ai accumulé une dizaine d’amendes que je n’ai jamais pu payer et qui ont été majorées. Ça représente 2 000 euros environ… Si je retravaille, on me les prendra tout de suite. Il est indispensable que l’on nous accorde l’amnistie.” Et il n’est pas le seul dans ce cas.



































