Mis à jour 27-03-2007 10:28
L’institutrice et le policier
Fadela Amara, Présidente de Ni putes ni soumises

Photo : SIPA
“Là où la médiation est nécessaire, là où un travail social de fond s’impose, on préfère se décharger à bon frais sur les services de police.”
La garde à vue de Valérie Boukobza a suscité à la fois l’indignation et l’incompréhension. Cette directrice de l’école maternelle de la rue Rampal dans le XIXe arrondissement, dans un réflexe citoyen, dicté par sa conscience professionnelle, a voulu tout simplement protéger l’enceinte de son école.
Une institution que nous devons tous mettre à l’abri de toutes formes de violences, avec le rêve de la voir respectée et aimée. Elle incarne le creuset de notre pays, parce que c’est là que se nouent l’avenir et le devenir de nos enfants. Cet évènement a suscité l’incompréhension générale, car il oppose hélas deux symboles très forts de notre pays : l’un forme et éduque, et l’autre protége et sécurise.
Que faut-il encore conclure de cet événement malheureux qui oppose deux symboles forts de la République, soumis très souvent à des conditions de travail pénibles et ne jouissant en retour de la nation que de peu de considération ?
Comment donner encore du sens à des valeurs qui font cruellement défaut à notre jeunesse, lorsqu’une telle violence déferle aux portes d’une école maternelle ? On voit bien là les limites d’une politique de l’immédiateté, d’une politique générique, qui veut résoudre à l’emporte pièce, des situations complexes et toujours particulières.
Là où la médiation est nécessaire, là où un travail social de fond s’impose, là où tous les acteurs sociaux doivent être sollicités et coordonnés pour résoudre des situations humaines pénibles, on préfère se décharger à bon frais sur les services de police, qui ont autre chose à faire que séquestrer en garde à vue une institutrice et appréhender un vieillard.
Il faut aujourd’hui prendre le problème des sans-papiers à bras le corps, loin des points de vue sectaires et simplistes. Combien de citoyens se mobilisent, dans les petits villages et les grandes agglomérations et ont défendu ces enfants ballottés, ces enfants que l’on voulait priver de leurs camarades de classe, ces enfants que l’on a voulu arracher de l’école de la République. Plus de parents clandestins pour enfants sans destin ! Ce que le peuple comprend les politiques doivent l’accomplir.







