Fils spirituel d’Herbie Hancock et de Lili Boulanger, Jacky Terrasson a été distingué par le New York Times comme l’une des trente personnalités susceptibles de changer la culture américaine au cours des trente prochaines années. Après quinze années de carrière où il a redonné ses lettres de noblesse à l’art délicat du trio, le voilà face à son Steinway pour un premier album solo tant attendu.
Seul face à son instrument, on pense à quoi ?
On pense qu’on n’était pas mal en trio (rires)… Le manque d’échanges avec les autres musiciens perturbe. Le vrai challenge, c’est de se dire que l’on doit jouer pour personne. En concert, seul face à mon piano, je me sens au paradis, car je donne quelque chose au public, alors qu’en studio, tout seul avec un beau piano. cinq micros, et mon nombril…
Vous avez douté ?
Oui et beaucoup (rires). J’ai recommencé certains morceaux quinze ou vingt fois. La musique coule de façon bien plus naturelle lorsque je suis en concert.
Votre premier émoi musical ?
Mon père, qui jouait du piano classique, Beethoven, Mozart, Chopin. Et mes grandes sœurs. Je me souviens qu’elles écoutaient sans cesse Cat Stevens, les Rolling Stones et Simon et Garfunkel. Et les Beatles…Ah, ça les Beatles…
Avez-vous eu peur de décevoir avec cet album?
Je ne pense pas. La pression, je me la suis mise tout seul. Cela fait presque quatre ans que je parle de ce disque. Je l’ai enregistré en deux jours. Une fois fini, j’ai ressenti un immense soulagement. Après, il faut choisir les pistes, l’ordre des morceaux à garder…
Face à ce choix de pistes, vous choisissez laquelle?
Je garde la plus musicale. Toujours. C’est l’émotion qui m’intéresse, la poésie et le cœur. Et puis la piste la plus musicale, c’est celle que l’on peut écouter dans la durée, et qui au fond, nous touchera toujours.



































