“Nous, ce qu’on veut, c’est que les enfants ne soient pas en danger à la sortie de l’école et que l’on arrête de terroriser les populations de l’Est parisien.” Brigitte Wieser, RESF.

Les interpellations de parents d’élèves survenues la semaine dernière dans le quartier de Belleville (XIXe arrondissement de Paris) et la mise en garde à vue de la directrice de l’école Rampal, vendredi, n’ont pas fini de faire du bruit. Plusieurs syndicats d’enseignants, Réseau éducation sans frontières, et la FCPE appellent ce soir à un rassemblement à 18 heures devant le rectorat de Paris (47, rue des Ecoles, Ve) pour dénoncer ces pratiques et demander la fin des interpellations.

Peu ordinaire
Car si ce que RESF appelle des “rafles” est monnaie courante dans la capitale, celles de la semaine dernière ont pris une autre tournure, avec usage de matraques et de bombes lacrymogènes par la police malgré la présence d’enfants, riposte manumilitari des parents et des enseignants et, cerise sur le gâteau, convocation comme témoin et en garde à vue de plusieurs heures pour la directrice de l’école maternelle Rampal, Valérie Boukobza. “Le rectorat de Paris s’est débiné, jugeant qu’il n’avait pas à la protéger, sous prétexte qu’elle était hors des murs et du temps scolaire. C’est honteux”, dénonce Brigitte Wieser, membre de RESF, ajoutant que même si la directrice avait été relâchée, elle n’était pas pour autant “sortie d’affaire”.

A des fins politiques ?
Vendredi, le ministère de l’Intérieur a “rappelé” aux préfets qu’aucune mesure d’éloignement d’étrangers sans papiers ne doit donner lieu à des interpellations dans les écoles ou à leur proximité. Depuis, et à l’approche de l’élection présidentielle, plusieurs bruits courent. “Que Chirac ait ou non commandé ces interventions au préfet de police contre Sarkozy, on s’en fiche, on n’est pas en campagne électorale. Nous ce qu’on veut, c’est que les enfants ne soient pas en danger à la sortie de l’école et que l’on arrête de terroriser les populations de l’Est parisien, s’énerve Brigitte Wieser. On le sait bien, leur objectif, c’est faire du chiffre.”
Et si RESF espère que son rassemblement mettra un terme aux “rafles”, il reste très méfiant. “La police est de plus en plus discrète. Il y a beaucoup d’officiers en civil, les voitures sont planquées… C’est plus difficile d’intervenir.”