“Continuons le combat pour une Europe libre, solidaire et influente.” 

J’ai souvent répété : “Il n’y a pas d’avenir sans mémoire.” D’où cette exigence de revoir ces cinquante années qui ne furent en rien un âge d’or, mais qui lancèrent une aventure unique dans l’histoire. La coopération entre des nations souveraines décidées à agir par des institutions communes et en illustration des valeurs portées par l’intégration européenne, la paix et le respect mutuel entre les peuples, la création d’une communauté de droit auquel chaque pays se soumet, la coopération croissante sur les terrains de la politique économique et sociale comme de la politique des relations extérieures.

Comment ne pas évoquer l’appel de Robert Schuman du 9 mai 1950 et ce qui s’ensuivit, la première création européenne, la Communauté européenne du charbon et de l’acier (Ceca) : symbole de la réconciliation entre les ennemis d’hier, coopération dans les domaines qui faisaient la puissance militaire de l’époque. Et surtout, il faut insister sur le caractère novateur des institutions créées et qui demeureront, pour moi, le modèle de ce qui permet une coopération efficace.

L’échec de la Communauté européenne de défense ne découragea nullement les pionniers de l’Europe, notamment au sein du Benelux. Un mémorandum fut établi et remis aux autres partenaires, le 20 mai 1955. A celui qui était à l’origine de cette proposition, Paul Henri Spaak, fut confiée, par les six pays fondateurs de la Ceca, la direction du groupe chargé de mettre en musique cette union économique et douanière.

La conférence des ministres des Affaires étrangères adopta le projet Spaak à Messine le 1er juin 1955 qui fut la base du traité de Rome signé le 25 mars 1957.

Ce traité dit du marché commun stimula nos économies, permit de développer des politiques communes pour l’agriculture et le commerce extérieur. Il fortifia le nouvel esprit de dialogue et de coopération entre les pays de l’Europe. Il créa le socle pour les progrès futurs, comme la cohésion économique et sociale et la monnaie unique.

Au début de ce XXIe siècle, d’autres défis nous attendent, qu’il s’agisse de la perspective de nouveaux élargissements ou de redonner du mouvement à une aventure politique qui exige de la clarté et du réalisme dans les finalités qu’elle entend poursuivre et aussi de l’efficacité et de la transparence démocratique dans son action. Selon une formule souvent utilisée, ce n’étaient que les premières étapes, continuons le combat pour une Europe libre, solidaire et influente.