Mis à jour 13-03-2007 10:58

"Je suis trop mince pour faire Polnareff"

Pascal Obispo entame mardi soir une série de quatre shows au Zénith de Paris

Photo : ©w. sitruk

Il a mal partout après un concert marathonien qui dure trois heures. “Il n’y a que moi et Bruce Springsteen qui font ça !” rigole Pascal Obispo. Le chanteur voulait que ce concert à Bruxelles soit parfait pour les besoins du DVD live prévu en août. Et il l’était. Sur une scène entourée de milliers de petites lumières, il offre un vrai show digne de U2. L’ange noir est désormais blanc, avant de se transformer en Pascal Obispo, le chanteur de variétés, Obispo, le pseudo-Sinatra et son Big Band, ou Obispo le DJ années 1980 qui nous balance un mix de reprises. Les jeux de lumières et d’images le suivent dans tous les sens, on est tantôt dans un cabaret, tantôt à Las Vegas. Comme il me dit dans la voiture après le spectacle : “Il y a plein de choses dans ce spectacle, c’est un truc de dingue !” Je rajouterai qu’il prouve qu’on n’a pas besoin de disparaître durant 34 ans pour remplir des salles.

C’est un show très grandiose, limite anglo-saxon...
Chaque fois que les gens parlent de mon spectacle, ils disent que c’est un spectacle mégalo. Mais c’est comme ça que je conçois les spectacles. C’est la forme que j’ai créée et qui, à mon avis, ne ressemble à aucune autre. Il y a aussi bien un mélange d’émotion, de sourire, de larmes, et c’est très, très rapide. Après une ou deux chansons, j’essaye de faire passer les gens d’un sentiment à l’autre pour que jamais ils ne se lassent, surtout pendant un spectacle aussi grand : ça dure jusqu’à trois heures.

J’ai adoré les sketches du début.
C’est bien de commencer par Elie Semoun et Florence Foresti. Personne ne commence un spectacle avec des comiques qui détruisent le chanteur ! Il arrive et il dit : “Obispo, c’est un bouffon.” (Rires.) Le fait de mettre Elie là, c’était vraiment une démonstration, je voulais clarifier des choses. Je ne vais pas arriver là et dire : “Regardez comme je suis magnifique, je vais vous faire du spectacle, chanter.” Ça n’est pas moi.

Qui a été ton modèle ?
Quand j’ai vu le spectacle de Madonna, je me suis dit : OK, je veux faire un grand spectacle comme ça, mais je ne veux surtout pas avoir envie de partir au milieu du spectacle, c’était un peu froid. C’est vrai qu’elle est un peu distante du public.

Tu fais pas mal de reprises, mais pas Polnareff...
On les fait vraiment en rigolant. Par contre, je ne fais plus Polnareff… Je suis beaucoup trop mince, il faudrait que je bouffe beaucoup ! (Rires.)

Et que tu deviennes aigri.
Heureusement pour moi, je ne le suis pas, et je pense que si demain quelqu’un reprenait mes chansons, la première chose que je ferais, ce serait de l’inviter à chanter. On ferait même un duo pour le remercier, parce que je suis quelqu’un de très reconnaissant. Je ne suis pas sûr qu’il me soit reconnaissant d’avoir pu aimer ses chansons. Je suis halluciné, en fait. Ce n’est même pas que je sois déçu ou énervé, mais je suis halluciné qu’un mec dont j’ai chanté les chansons devant tout le monde, dont j’ai fait découvrir les chansons à des gens qui sont ensuite allés voir son spectacle grâce à moi, ne m’invite pas et qu’il y ait une liste noire ! Moi qui ai toujours aidé les jeunes artistes, je ne comprends pas son fonctionnement. Ce mec est dingue, quoi !

Tu es quand même allé le voir ?
J’attendais d’être invité et j’aurais été flatté, ça m’aurait fait plaisir. La seule chose que j’ai eue, c’est cette histoire de liste noire ! (Rires.) C’est drôle, il faut plutôt en rire parce qu’il est fou de faire ça. En plus, il fait des places à 140 euros. Je pense que les gens qui sont allés le voir deux fois diront qu’il vaut mieux aller voir Obispo quatre fois. Moi, je fais trois heures de concert avec de la création, des nouveautés, etc. Au bout de quinze ans d’absence, il n’est même pas foutu de faire un album. Je trouve ça hallucinant.  

J’ai trouvé le mot : la jalousie.
Je ne sais pas. Il faudrait que j’aie une discussion avec lui dans une salle de concert devant tout le monde, pour lui demander de me dire la vérité : c’est quoi le problème ?

Qu’écoutes-tu en ce moment ?
Je n’écoute que du R&B, du rap et du hip-hop. Je trouve que dans le rock, ils n’inventent plus rien. Ça me fatigue. Depuis Massive Attack, il n’y a rien eu de nouveau à part les ténors comme U2, et les seuls vrais compositeurs sont Radiohead, Muse et Coldplay.

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