08-03-2007 09:24
Danielle, jamais sans son taxi
Danielle fait partie des 4% de chauffeurs de taxi femmes à Paris

A bord de son monospace bleu, Danielle arpente les rues de Paris de 17 heures à 3 heures, depuis une quinzaine d’années.
Photo : nicolas richoffer/metro
“En cas de pépin, j’ai au moins un moyen de défense : ma manivelle."
Danielle
Danielle Weber, 51 ans, est chauffeur de taxi à Paris depuis quinze ans. Du haut de son 1,80 mètre, elle a su s’imposer au sein de cette profession qui ne compte que 4% de femmes. Avant d’être chauffeur, elle était directrice générale d’une entreprise dans le secteur de l’agroalimentaire. Elle est licenciée en 1990, lorsque son entreprise est rachetée par un grand groupe. “Mon niveau de revenu était important. On me proposait moins, alors j’ai préféré partir.” Après une prépa HEC, un diplôme d’école supérieure de commerce, un niveau de licence en droit, un DESS, elle se retrouve donc au chômage.
Désir d’indépendance
Avec sa prime de licenciement, elle achète sa plaque (630 000 francs à l’époque), effectue huit mois de formation et se lance. “Je suis artisan. L’indépendance était pour moi capitale.” Aujourd’hui, elle connaît toutes les rues, les contresens, les axes embouteillés... Ses horaires : 17 heures-3 heures du matin. “L’après-midi, il n’y a pas d’activité et le tarif n’est pas rémunérateur.”
Pour dénicher les “bons” clients, elle a trouvé le filon. Et pour cause : en 2000, elle a été poignardée par un client qui voulait lui voler son portefeuille, et elle a failli y laisser sa peau. “J’évite la clientèle de la rue. Maintenant, je fais les aéroports jusqu’à 23 heures, ensuite, les salles de spectacle et enfin les restaurants chic.” La Tour d’Argent, le Fouquet’s, le Lido, le Crillon, le Casino de Paris, l’Opéra Bastille, Mogador, les Folies Bergère, le Moulin Rouge, elle connaît par cœur. Chez les portiers d’hôtel et autres, elle s’est fait une réputation.
Bien-être du client
Danielle est fière de raconter que Carlos, Henri Salvador ou encore Serge Lama sont montés à bord de son taxi. “Moi, j’écoute de la musique classique : Vivaldi, Strauss, Mozart, Bach… Les gens aiment bien, ça les détend. Et puis quand ils en ont envie, on discute.”
Dans sa voiture, la décoration se résume à un nounours désodorisant fraîcheur lavande, accroché au compteur. Pour masquer l’odeur de cigare ? Non. Danielle fume, mais jamais à bord. Même interdiction pour les clients. De toute évidence, elle aime son métier. Un motif pour arrêter ? “Un accident grave, ou une entrée dans la politique. J’ai été mariée par Nicolas Sarkozy et je l’ai beaucoup soutenu. J’espère que s’il est élu, il se rappellera de moi.”
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