Mis à jour 03-03-2007 09:11

La star est revenue

Michel Polnareff a réussi dans un Bercy chauffé à blanc un retour impressionnant.

Photo : François Bourboulon

Une silhouette en ombre chinoise et les trois célèbres accords (mi-la-ré) de la "poupée qui dit non" répétés plusieurs fois, avant que le rideau ne se soulève pour laisser apparaître Michel Polnareff, présent sur une scène française pour la première fois depuis 34 ans. C'était vendredi soir dans un Bercy comble, public transgénérationnel et people divers (de Patrick  Bruel à l'improbable Dominique de Villepin, et de Guillaume Canet à Mimie Mathy, en passant par Laurent Voulzy et Marc-Olivier Fogiel) réunis

Pour le coup d'envoi de sa tournée "Ze Tour 2007", Polnareff a joué la sureté en début de concert, en alignant quelques uns de ses hymnes ("je suis un homme", C'est une poupée" et "L'amour avec toi". Visiblement tendu autant qu'ému, physiquement moins affuté qu'on ne l'imaginait, Polnareff a pourtant pris du plaisir à ces retrouvailles ("Je n'ai pas préparé de discours, mais je dirai juste: 'Enfin!'", lançait-il d'entrée).

Gros son (du rock à guitares lourdes, batterie de plomb et claviers envahissants), imposante scénographie soutenue par d'impressionnants jeux de lumière, Polnareff avait décidé de marquer d'emblée son public, avant de se retrouver au piano pour quelques morceaux plus intimes. La suite fut une alternance des deux ambiances, avec quelques nouveaux morceaux, forcément moins convaincants que les standards polnaréviens.

Car comme pour un concert des Stones, le public était essentiellement venu pour écouter des chansons écrites il y a quarante ans ou un peu moins. Et comme pour les Stones, c'est sur ces chansons-là qu'on prend du plaisir, pas sur des nouveautés. Mais à la différence des Stones, Polnareff n'est pas passé relever les compteurs tous les 4-5 ans et ses fans étaient en manque. Autre différence majeure : tous ou presque connaissaient par coeur chacun des mots qu'a chantés la star du soir. 

Meilleure surprise de la soirée : la voix de Polnareff est toujours claire, son phrasé toujours aussi précis. Ce musicien possède tellement son art que même après tant d'années sans la scène (même s'il a donné quelques concerts aux Etats-Unis il y a plusieurs années), l'exercice ne lui fait pas perdre ses moyens.  Pouvant descendre dans les basses ou planer très haut, Polnareff donne une véritable leçon dans ce domaine à bon nombre de confrères.

"2 mars 2007, le premier retour", a lancé Polnaref à la fin du concert (avant d'avouer par la suite qu'il n'avait pas une idée très précise de la signification de ces mots). L'enjeu de ce retour-là, l'incroyable pression qu'a du ressentir le chanteur, l'ont empêché de se lâcher totalement, d'être vraiment naturel. Nul doute que les prochains concerts vont le voir se détendre plus. Même s'il avouait par la suite, "j'avais décidé de ne pas avoir le trac parce que c'était quand même quelque chose de dur à affronter. (...) je savais que le public me porterait. C'est ce qui s'est passé." En attendant les rendez-vous suivants, à Bercy puis en tournée.

A voir
Le concert en vidéo

Le concert en diaporama

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