D’où vient cette idée d’intégrer le public à votre concert ?
J’étais justement à la recherche d’une idée pour faire de cette soirée autre chose qu’un concert classique. C’est très bien de sortir un album et de le jouer du début à la fin. Mais pour que ce soit un moment exceptionnel pour ceux qui y assistent comme pour ceux qui jouent, il fallait trouver un truc. Beaucoup de choses changent en ce moment dans la musique, je pense qu’on est à la fin d’une époque, grâce au net. Le public change, les spectateurs ne restent plus passifs. Ils ont une démarche active, revendiquent le droit de s’exprimer et de dire je suis là, j’existe, j’ai le droit de m’exprimer. Chacun récupère sa part d’expression.
Parallèlement à ça, je passe beaucoup de temps sur le web . J’ai une page MySpace depuis six mois, dont je m’occupe moi-même, et je tiens un blog un peu décalé sur ma vie de chanteur depuis deux ans.
Il y a environ trois mois de ça, j’ai reçu des vidéos de jeunes filles interprétant mon titre « Toute une vie ». Ca m’a vraiment touché qu’elles aient osé se filmer puis m’envoyer la vidéo. Et là, je me suis dit que je tenais mon idée. C’est grâce aux internautes que je l’ai eue. Et c’est ce que j’aime avec le net : il y a une proximité nouvelle entre le public et les artistes.
Avez-vous rencontré les jeunes filles qui ont interprété votre chanson ?
Oui, j’en ai même fait monter une sur scène, pour faire les chœurs, lors d’un concert de bienfaisance au Trocadéro. Et maintenant elle vit une histoire d’amour avec un de mes musiciens !
Quel retour avez-vous depuis que vous avez lancé cette idée, début février ?
Les contributions commencent à arriver, même si les gens prennent un peu de temps à se lancer. Beaucoup trouvent l’idée très bonne. J’ai reçu des vidéos de mes chansons chantées, parlées, jouées, mais aussi des illustrations, des dessins.
Quel effet ça fait de voir quelqu'un d'autre chanter son répertoire ?
C’est surprenant. Chacun met dans son interprétation une part de sa vie, de sa sensibilité. Chaque fois, ça donne lieu à quelque chose de différent. Je suis toujours impatient de découvrir ce qu’on m’envoie.
Comment sélectionnez-vous les contributions ?
Le terme « sélectionner » me dérange parce qu’il ne s’agit pas d’un concours avec un jury qui décide ce qui est bon ou pas. Les contributeurs sont juste là pour jouer, il n’y a rien à gagner, pas même des places pour le concert. Je vais essayer d’intégrer un bout de chacune des contributions que je reçois, même s’il ne s’agit que de deux secondes. On veut juste que les gens soient sur scène avec nous, même si c’est surtout via un écran. C’est le partage d’une soirée où chacun apporte son point de vue et fournit du contenu.
Comment allez-vous les intégrer au spectacle ?
J’ai déjà ma petite idée, même si tout est loin d’être fixé. Ne serait-ce que parce que la date butoir est fixée au 5mars et que d’ici là je vais encore recevoir des contributions. J’aviserai en fonction de ce que je recevrai. Mais je sais par exemple déjà qu’il y a au moins une chanson que je chanterai pas moi-même, je ferai aussi des duos.
Envisagez-vous déjà de renouveler ce concept ?
Pourquoi pas ? Quand j’irai chanter à Lille ou Montpellier, je pourrais même inciter les spectateurs à m'envoyer du contenu pour le spectacle en rapport avec la ville. Il y a plein d'idées comme ça à explorer.
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Mis à jour 26-02-2007 14:03
« On veut juste que les gens soient sur scène avec nous »
Fabien Martin ne sait pas encore exactement comment sera son concert du 19 mars. Il attend vos contributions. Rencontre avec ce chanteur novateur

Fabien Martin Photo : Richard Dumas
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