Un spectacle de stand up perd un peu de son sel en passant sur DVD. C’'est mieux dans une salle, non ?
Evidemment, on perd des choses, mais en même temps, le DVD apporte un moment donné, il fige les choses d’'une façon différente.

En quoi étiez-vous différent le jour où il a été tourné ?

J’avais le trac et ça ne m’'a pas vraiment aidé. En fait, j’ai très rarement le trac, mais la nuit avant le Bataclan, je n’'ai pas dormi plus d'’une heure. J’'avais une pression incroyable pendant tout le spectacle, que je m'’étais mise tout seul. Mais finalement, elle n’a pas eu trop d’effet.

Le stand up est incroyablement tendance ces temps-ci. Cela vous étonne ?
Pas vraiment, parce que c’'est moderne, très contemporain, urbain. C'’est plus facile d’'être inventif là-dedans. Et puis surtout, c’'est très sexy de s'’adresser aux gens de cette façon. La vraie question, en fait, c’'est pourquoi cette expression directe et contemporaine n'’est pas venue avant, dans toutes les formes d’'art. On est vraiment à la traîne en France.

Si on vous qualifie de pionnier du genre en France, cela vous fait quoi ?

Je m'’en fous. En fait, je savais au moment où je faisais du stand up que j’'étais un peu un précurseur. L’'explosion actuelle ne fait que confirmer ce que je disais il y a cinq ans. Mais je trouve qu’'on parle trop du stand up. C'’est devenu un phénomène de mode, ce qui n’'est jamais justifié, parce que la mode, ça se démode. Mais ce n’'est pas parce que c’'est stand up que c'’est forcément extraordinaire.

Le succès du Jamel Comedy Club vous fait quand même plaisir ?
C'’est vrai que tous ces gens qui participent au Jamel Comedy Club, j’'y suis un peu pour quelque chose. J’'ai écrit des textes pour l'’émission puis pour le spectacle, la plupart d’'entre eux sont passés en première partie de mon spectacle, comme j'’étais passé en première partie de Jamel. Les gens du JMC ont tous plus ou moins les mêmes références, donc des points communs, mais la plupart d’'entre eux ont des vannes intéressantes. C’est un vrai vivier, à chacun de trouver sa voie.

Après ce DVD, quelle est votre actualité ?
Je suis en tournée avant de passer au Casino de Paris en mars. Le Casino, c’'est assez énorme, j'’y ai fait la première partie de Jamel et maintenant c'’est moi ! Ensuite, je vais me remettre à écrire avec l’'idée de revenir fin 2007, début 2008. Et puis je suis dans Truands, le troisième film de Frédéric Schoendorfer, qui va bientôt sortir et qui va faire couler beaucoup d'’encre. C’est un film très noir. Ensuite, je serai dans Nativité, qui sortira en décembre. J’'y joue un romain.

A choisir, vous êtes être plutôt cinéma ou plutôt scène ?

Au cinéma, on prend un personnage imaginaire et on sert cette situation imaginaire. Dans le one-man, l'’idée est d’'attaquer directement le public. Mais en fait, mon vrai plaisir, c'est de pouvoir jouer autre chose. Je suis acteur avant d’'être humoriste. Je travaille depuis dix ans avec Jack Waltzer, le prof de Dustin Hoffman. Avec lui, je fais de l’'entraînement. J’adorerais jouer du Shakespeare, ce serait magnifique. Etre dans Le songe d’'une nuit d’'été, c’'est mon rêve.