06-12-2006 16:03
Indochine : "On n’a plus rien à prouver"
Indochine s’offre deux show à Bercy ce soir et demain.

Oli de Sat (deuxième en partant de la gauche)
Photo : Peggy.M
Producteur du dernier album, compositeur d’une grande partie des morceaux et guitariste du groupe depuis Paradize, Oli de Sat a permis à Indochine de retrouver le succès des années 80. Rencontre.
Après plus de six mois de tournée ; quel premier bilan faites-vous ?
Un bilan plus que positif. Parce que la fréquentation des concerts est telle qu’on affiche tout le temps complet. On est impressionnés de voir que les billets s’arrachent comme des petits pains. La deuxième partie de tournée dès février n’était pas du tout prévue.
Cet engouement vous a-t-il surpris ?
Oui quand même, parce qu’on est dans un moment où les ventes de disques sont catastrophiques pour tout le monde, mais c’est rassurant de voir qu’à côté de ça, le public veut toujours acheter des places de concert pour voir jouer de la musique en live.
Votre public est relativement jeune… Ca vous fait bizarre ?
Pas spécialement. Surtout quand on voit l’ambiance dans nos concerts. On a vraiment de la chance pour ça.
Ca crée aussi des fans particulièrement actifs…
C’est assez surprenants parce qu’on n’a pas de fan club. Ce sont les fans par eux-mêmes qui créent des forums et se démènent pour exister. On a fait un concert à Hanoi, il y a plus de 20 personnes qui sont venus par leurs propres moyens pour nous suivre !
Le groupe a subi de nombreux changements depuis sa création ; cette formation roule-t-elle bien ?
On s’entend très bien. C’est vrai que c’est assez exceptionnel parce qu’on n’est pas U2, on n’est pas un groupe de potes qui avons fait de la musique ensemble parce qu’on en avait envie. On a intégré le groupe chacun à un moment donné et l’entente est exceptionnel. Pourtant on vit assez rapproché ! On est tous respectueux de chacun.
Toi qui a produit le dernier album et signé une bonne partie des musiques ; n’en as-tu pas marre qu’on associe toujours Indochine à Nicola Sirkis avant tout ?
Non, ça ne me dérange pas du tout. Parfois, c’est assez drôle que pour les médias, Indochine ça reste Nicola, même si Boris et moi, ça fait 8 ans qu’on est dans le groupe, Marc, le bassiste est là depuis 13 ans. C’est normal dans un groupe que le chanteur soit aussi le leader. Si quelqu’un veut être chanteur, c’est qu’il veut être sur le devant de la scène. Ca va avec.
Est-ce que vous avez des « rituels » avant et après la scène ?
Pas du tout ! On est plutôt détendus. Une heure avant le show, on commence à s’habiller et se maquiller. Il n’y a pas de stress particulier. Il faut dire qu’on répète énormément pour se permettre d’être détendus quand on monte sur scène. C’est plus la libération que le stress du coup.
Le fait de vous appeler Indochine vous met-il une pression supplémentaire ?
Oui et non, parce que le groupe a tellement traversé de hauts, de bas et de milieux que maintenant Indochine n’a plus rien à prouver. Même dans les moments les plus bas, les concerts étaient là et l’ambiance aussi. On continue à faire notre musique, si le public est là, tant mieux, mais sinon, on ne se met pas de pression, on ne calcule pas ce qui va marcher. Paradize a été vraiment une surprise par exemple. On avait commencé la tournée à l’Olympia, puis on a fait le Zénith et ça s’est fini à Bercy… C’est magique.
N’est-ce pas plus difficile de créer un échange avec son public dans une grosse salle ?
On essaie de progresser. Au Bercy de Paradize, on nous avait dit qu’on était au top. Et puis finalement, on a essayé d’intégrer plus de décors, ce qui n’avait jamais été fait avec Indochine. On a rajouté des vidéos, il y a des arbres, des fleurs… La première partie du concert, c’est plus nouveaux titres, et après, c’est plus des anciens titres avec un côté acoustique peut-être plus chaleureux. On veut pas non plus faire des show à l’américaine.
L’album Alice et June a-t-il évolué avec la scène, comme ce fut le cas avec Paradize ?
Là, il commence. Au départ, on veut absolument que les versions ressemblent à celles du disque parce qu’on en est fiers et on a envie que ça sonne comme on les a écrites. Et puis après c’est bien de lâcher le morceau et de le laisser vivre par lui-même. C’est sympa de voir les morceaux devenir de plus en plus rock, de plus en plus brut et avoir encore plus d’impact.
Vous avez déjà en vue un prochain album ?
Oui. Alice et June est déjà sorti il y a un an. Le souhait est là, après est-ce qu’il y aura assez de matière première pour le faire, est-ce qu’on aura encore des choses à dire, est-ce qu’on ne sera pas trop fatigués après cette tournée ? Mais l’envie est là. Je bidouille toujours pour un éventuel album solo qui me permet de mettre de côté ce que je peux pas faire dans Indochine, je le fais pour moi. Je ne pense pas qu’Indochine pourra être plus rock que dans Alice et June.
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