Alors qu’à l’approche des fêtes les grands magasins ouvrent exceptionnellement le dimanche, les commerçants de la rue des Francs-Bourgeois (IIIe-IVe) sont encore menacés par l’inspection du travail. Pourquoi ? La plupart, malgré leur classement en zone touristique, travaillent dans l’illégalité la plus totale depuis plus de dix ans.

L’anarchie totale

Selon le code du travail, seules les enseignes ayant  “une activité de détente ou de loisir d’ordre sportif, récréatif ou culturel” peuvent ouvrir le dimanche.  “En réalité, c’est l’anarchie. Certains ont obtenu des dérogations alors qu’ils ne répondent pas aux critères”, explique Patrick Aboukrat, président du Comité francs-bourgeois.
Le comité souhaite obtenir tous les appuis possibles qui sont partie prenante dans la demande de dérogation, à savoir les mairies, la chambre de commerce, la Fédération nationale de l’habillement. “Il faut que le ministre du Travail intervienne car l’inspection du travail refuse de nous recevoir.”

Soutien et actions

Dans la rue, les commerçants, les vendeurs et les clients sont favorables à l’ouverture dominicale. “Il y en a qui dorment le dimanche, d’autres qui vont au cinéma ou dans un parc, nous notre plaisir, c’est de faire du shopping”, affirment Jeanne et Malou. A La Chaise longue, Eloïse et Sonia, étudiantes, sont bien contentes de pouvoir travailler. “Ça n’empiète pas sur nos cours et ça nous permet de payer notre loyer.”

Les commerçants de la rue des Francs-Bourgois, le magasin Vuitton des Champs-Elysées et le centre commercial Usine Center (Yvelines) ont fait appel devant la justice pour obtenir l’ouverture le dimanche. Pierre Lellouche, député UMP de Paris, favorable à l’ouverture dominicale, prépare un amendement dans le cadre de la loi sur la consommation qui sera examinée en janvier.