Bashung, Delon, Dutronc (père et fils) mais aussi Maurane, ou Grimaud, avec tant d’invités on vous attend sur scène…
J’ai arrêté la scène en 68. Je suis une chanteuse de disque et de studio, mais pas une chanteuse de scène. Je suis trop confidentielle pour ça. Et puis, très peu d’artistes sont bons sur scène. Gainsbourg par exemple n’était pas un artiste de scène. Et pourtant quel talent ! Johnny Halliday est un des rares qui excelle, il dégage une telle énergie. Par contre, je n’écoute pas ses disques…

L’émotion du public ne vous manque pas ?
Je suis quelqu’un de très perfectionniste et tout mon effort porte sur l’enregistrement. Un disque est susceptible de durer, et là, on n’a pas le droit à l’erreur. Dieu sait que je suis malheureuse d’entendre à la radio certains enregistrements de ma jeunesse.

Comment avez-vous travaillé sur cet album ?
C’était très différent suivant les artistes. Soit nous avons fait les chansons ensemble, soit à distance. Pour Julio Iglesias et Hélène Grimaud par exemple, ça a été très compliqué, j’ai même failli abandonner l’idée. Il était Outre-Atlantique et puis, il préfère faire ses voix seul . Du coup, Partir quand même s’est fait à distance. De même pour Hélène, qui a fait son piano de son côté. Heureusement car j’étais terrorisée à l’idée de chanter La Valse des regrets. Sans compter qu’elle a souhaité changer la tonalité.

D’autres vous ont-ils impressionnée ?
Tous. Que reste-t-il de no amours ? avec Bashung, j’avais peur. Au final, c’était un moment de grâce. Modern style avec Delon n’a pas été évident, il n’a pas l’habitude de chanter. En fait, tout a fonctionné avec la dernière prise. Jacques (Dutronc ndlr) était un peu paniqué. Parce qu’il ne chante plus. Pourtant Amour toujours, tendresse, Caresses, c’est sa chanson. Thomas (Dutronc ndlr) nous a apporté un petit plus avec sa guitare…

Une préférence sur l’album…
My beautiful demon avec Ben Christophers est pour moi le bijou de l’album. C’est un miracle. Nous avons chacun fait la chanson en entier, de notre côté, pour ensuite la reconstruire ensemble.

Pourquoi cette envie de duos ?
Je ne sais pas, c’était une demande mais aussi une envie. La seule condition pour que j’accepte : avoir au moins un monstre sacré. Là, j’ai de la chance, il y en a trois : Hélène Grimaud, Alain Delon et Julio Iglesias. Et puis il y a de très grands artistes. Tous m’ont apporté quelque chose.