Le besoin d’appartenance à une communauté est un changement de peau. Comme le corps peut changer de peau, la société est en train de changer de peau.
Il y a aujourd’hui des types différents de communautés, mais une forme identique. Au delà des institutions sur lesquelles s’étaient développés les 18e et 19e siècles, on commençait à voir les gens se regrouper par affinités électives, religieuses, musicales, intellectuelles. La communauté, c’est ne pas être ensemble uniquement par rapport à un idéal lointain rationnel démocratique, sur lequel s’était élaboré la société moderne, mais c’est le retour de l’affect. C’est le sentiment d’appartenance qui prédomine. Cela peut prendre des formes différentes mais le dénominateur commun, le partage du sentiment.
Une communauté se forme et se déforme à cause de cette espèce de pulsion qui fait que l’on a envie d’être avec des gens semblables. L’idée d’homo socialité signifie un lien social qui va reposer sur le partage du même, même goût, même désir, même envie, même passion. C’est ce désir de rencontrer du même, pour quelque chose de particulier. Comme tout un chacun est pluriel, je vais virevolter d’une tribu à l’autre en fonction de mon intérêt du moment. Je peux avoir telle attitude dans une réunion mondaine et ce soir traîner dans un bar louche.
L e besoin d’appartenance à une communauté est un changement de peau. Comme le corps peut changer de peau, la société est en train de changer de peau. Dans le 18e siècle il y avait un enfermement de l’individu dans lui-même. « Je pense, donc je suis dans la forteresse de mon esprit. Très enfermé dans mon esprit. » C’est le grand idéal de penser par soi même, d’agir par soi même, et cette idée de forteresse de l esprit en était la base. On contractait avec d’autres personnes qui étaient dans la forteresse de leur esprit. C’était là dessus qu’étaient bâtis le contrat social, les forteresses - qui ont disparu ou sont maintenant dépassées, qui existent mais sont vides - l’état, la patrie, et d’autres fortes valeurs. Et empiriquement, on voit bien comment est en train de se faire la contamination par le biais de la technologie du buzz : les phénomènes se répandent. Le thème de la viralité revient à l’ordre du jour. Les moments de viralité sont des moments de grande vitalité.





















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