En l'espace d'une semaine, les nouvelles éditions d'Internet Explorer (Microsoft) et de Firefox (Fondation Mozilla) ont été mises gratuitement à disposition du public pour téléchargement. Si Internet Explorer (IE) domine encore largement le marché des navigateurs web avec plus de 80 % de pénétration chez les internautes, Firefox séduit de plus en plus d'utilisateurs qui seraient quelque 12 % à avoir opté pour la solution libre et open source.
Grand changement pour IE 7, continuité pour Firefox
Les changements sont plus profonds pour Internet Explorer 7 que pour Firefox 2.0. Il est vrai que ce dernier possédait déjà une bonne longueur d'avance sur le navigateur de Microsoft qui n'avait pas été mis à jour depuis... 5 ans ! D'ailleurs, bon nombre des nouveautés présentes dans Internet Explorer sont inspirées de celles qui ont fait le succès de Firefox. Reste un domaine où Microsoft pourrait encore s'améliorer : le téléchargement du logiciel. Pas moins de 35 minutes aura été nécessaire avant de pouvoir commencer à tester IE 7...
Internet Explorer dans le détail
Pour IE 7, outre une nouvelle interface mise au goût du jour, le navigateur se dote d'un champ de recherche intégré par défaut à côté du champ où apparaissent les adresses des sites web. Par défaut, c'est le propre moteur de recherche de Microsoft qui est proposé, Live Search, mais il est possible de modifier cela pour opter pour d'autres solutions telles que Google ou Yahoo Search.
Présentation sobre et fonction recherche intégrée dans IE 7.
Autre grande nouveauté, IE 7 est désormais capable de gérer les flux RSS
(flux d'information qui permet de visualiser les titres des dernières
nouveautés d'un site sans avoir à se rendre sur le site,
Metrofrance.com propose ce service par exemple). C'était une des
principales lacunes de la précédente version d'IE. Désormais, il est
possible de souscrire à un flux et de manière très simple pour
l'internaute.
Directement inspiré de Firefox, IE 7 intègre aussi la très pratique navigation par onglets.
Ce système permet de naviguer simultanément sur plusieurs sites sans
avoir plusieurs fenêtres ouvertes. Le basculement d'une site à l'autre
se fait à l'intérieur d'un même espace par le biais d'onglets, qui
peuvent même être groupés si nécessaire. Internet Explorer propose
aussi la fonction Quick Tabs pour afficher d'un coup d'oeil les miniatures de toutes les pages ouvertes.
Côté sécurité, IE 7 comporte un système anti-phishing
que l'on peut choisir d'activer ou non. Ce service identifie si les
sites sur lesquels vous naviguez sont bien les sites officiels et non
des sites ressemblants en tous points aux sites officiels mais réalisés
par des personnes malveillantes qui veulent vous soutirer des
informations personnelles (numéro de carte de crédit ou autre).
Internet Explorer 7 identifie les sites détournés pour tromper l'internaute.
IE 7 est également doté d'une fonction rapide et simple d'accès pour effacer ses traces (historique des sites consultés, codes d'accès enregistrés, cookies, etc.). Il est aussi équipé d'un système anti-spoofing ( usurpation d'adresse IP) et d'un contrôle parental.
Firefox dans le détail
Si
pour Firefox la mise à jour semble moins révolutionnaire, c'est surtout
parce que beaucoup des innovations d'IE 7 existaient déjà dans les
précédentes versions du navigateur libre. Le système d'onglet, la
gestion des flux RSS, une gestion poussée des favoris, la suppression
rapide de ses traces, une forte capacité à supporter les différents
standards et CSS des sites Internet... Toutes ces nouveautés d'Internet
Explorer étaient déjà présentes sur Firefox 1.5.
Capitalisant sur ses fonctionnalités déjà présentes, Firefox 2.0 en profite pour améliorer encore ce qui a fait son succès. La gestion des onglets
a été enrichie. Au-delà de 12 pages visitées, un système de flèches
permet de conserver une taille raisonnable par onglet pour pouvoir lire
le nom de la page visitée. Auparavant, la taille des onglets se
réduisait à sa plus simple expression et il devenait obligatoire de
cliquer dessus pour savoir à quelle page chaque onglet correspondait.
Par ailleurs, les nouvelles fenêtres qui s'ouvrent sont, par défaut,
intégrées dans les onglets.
Au-delà de 12 onglets ouverts, Firefox 2.0 propose de naviguer entre les pages via des flèches situées à gauche et à droite de la série d'onglets.
En cas de fermeture inopinée de Firefox, il est prévu un système de restauration. Cette option existait pour Firefox 1.5 en option (add-on
à télécharger). Elle est désormais intégrée dans la version 2.0. En cas
de plantage du navigateur, Firefox propose de rouvrir les fenêtres
quittées involontairement. Les téléchargements en cours reprennent au
point où ils en étaient et le texte tapé dans les pages web est censé
réapparaître également. Fort utile en cas d'écriture d'un mail ou d'un
article pour son blog.
Les flux RSS
sont également mieux gérés. Comme pour Internet Explorer, leur
présentation est nettement améliorée (les fichiers aux formats XML
s'affichent en clair dans le navigateur). Surtout, leur souscription
est renforcée. Non seulement il est possible de s'abonner au flux RSS
via Firefos mais aussi de l'intégrer directement via une autre
application (Sage, par exemple) ou directement sur une page personnelle
(Netvibes, Yahoo, Google...).
Firefox 2.0 propose un système poussé d'abonnement aux flux RSS.
Quelques innovations intéressantes : Firefox 2.0 intègre par défaut un correcteur orthographique.
Ultra-pratique quand on écrit un mail, qu'on participe à un forum ou
qu'on rédige un article pour son blog. Les erreurs sont soulignés en
rouge. Un clic droit permet de voir différentes propositions de
remplacement ou la possibilité d'ajouter le mot nouveau au
dictionnaire.
Le navigateur est aussi équipé d'une solution anti-phishing
et d'un nouveau thème par défaut. Enfin, Firefox dispose d'une très
vaste communauté d'internautes qui développent de nombreux modules (add-on) qui permettent d'intégrer dans le navigateur une foultitude de fonctionnalités supplémentaires.
Bilan du comparatif
Internet
Explorer a indéniablement comblé une grande partie du retard qu'il
possédait sur Firefox. Sur la navigation par onglets ou la gestion des
flux RSS, les deux navigateurs font jeu égal, même si on peut accorder
une légère préférence à Firefox pour ses fonctions avancées dans les
deux domaines. Ce dernier l'emporte aussi sur la rapidité de chargement
des pages web.
En revanche, l'ergonomie d'IE 7 est un vrai
succès. La sobriété de la barre de menus et des fonctions avancées
intéressantes (possibilité de sauvegarder les pages visitées quand on
quitte le navigateur, par exemple) présentent un changement majeur par
rapport à IE 6. En comparaison, Firefox 2.0 change assez peu dans ce
domaine au regard de la version 1.5.