C’est avec une, voire deux paires de lunettes superposées que les festivaliers vont débuter la quinzaine cannoise, ébahis par la projection en 3D du dernier né des studios Pixar, le bien nommé « Up », en français « Là-haut ».

Son héros ? Carl, un vieux monsieur de 78 ans, seul depuis la mort de son épouse qu’il n’a jamais eu le temps – le courage ? – d’emmener découvrir l’Amérique du Sud comme il lui avait promis étant enfant. Lorsque d’odieux promoteurs immobiliers menacent de l’envoyer à l’hospice, le papy bougon fait littéralement décoller sa maison, reliée à des milliers de ballons, en route pour la dernière aventure de sa vie. Un seul détail lui a échappé : la présence à bord de Russell, un boyscout aussi joufflu qu’exténuant…

La tête et les jambes
Il était temps que Cannes rende hommage aux studios qui ont révolutionné l’animation ces quinze dernières années, à coup de prouesses techniques jamais vues et d’histoires un peu dingues, drôles et poétiques. Le film de Bob Peterson et Pete Docter joue une fois de plus sur les deux tableaux. L’utilisation jamais démonstrative de la 3D donne une ampleur inédite au voyage, projetant le spectateur au cœur des décors et de l’action, tandis que le récit, croisement improbable entre « Le vieil homme et l’enfant » de Claude Berri et « Le Château dans le ciel » d’Hayao Miyazaki, émeut en s’adressant à tous les publics, de 7 à 77 ans bien sûr.

La plus belle séquence ? Le récit, muet et accéléré de la vie de couple de Carl et son épouse, avec ses petits bonheurs, ses mini-renoncements et sa grande force. Lorsque le vieil homme se retrouve veuf, seul, assis dans son fauteuil poussiéreux, la salle semblait retenir son souffle, mais pas ses larmes. En un mot, magique