Autant le dire tout de suite : avec "Vengeance", Johnnie To n’a pas offert à Johnny Hallyday "le rôle de sa vie" comme on a pu le lire ou l’entendre ici ou là ces derniers jours. Reste que le "patron du rock français", comme dirait Nikos Aliagas, est un sacré personnage dont la présence aussi imposante qu’étrange justifie à elle seule la vision du nouveau film du cinéaste hong-kongais.
Modeste et souriant, l’acteur-chanteur s’est prêté avec plaisir au triptyque photo-call / conférence de presse / montée des marches, tout juste échappé de sa tournée d’adieux.
Perdu à Hong Kong
"Johnnie To et moi avons une passion commune pour Melville et le polar noir en général" a expliqué Johnny Hallyday devant la presse. "Mais Vengeance n’est pas une copie, c’est vraiment un film de Johnnie To".
L’implication de la star remonte à juillet 2007. A l’époque, les producteurs Michèle et Laurent Petin font le deuil d’un projet devant réunir To avec son idole de jeunesse, Alain Delon. "Un ami commun m’a demandé de lire un scénario sur lequel Johnny voulait avoir un avis de professionnel", raconte Michèle Petin.
"J’ai trouvé ça très mauvais, une énième façon d’exploiter l’image de la star, plutôt que l’acteur. Johnny a alors demandé à nous rencontrer et après avoir longuement parlé de cinéma, on s’est dit qu’il serait l’acteur idéal pour notre projet avec Johnnie To."
Une fois la rencontre et les plannings arrangés, le tournage débute le 7 novembre 2008 pour s’achever le 31 janvier dernier. "Lorsque je suis arrivé à Hong Kong, je me suis senti très perdu", se souvient Johnny. "Peu de gens parlaient anglais, encore moins français. Finalement ça s’est trouvé utile pour le personnage de Costello."
Comme sur la plupart de ses films, To a travaillé avec une version non définitive du script, ne donnant que des indications sommaires aux comédiens. "Ca m’a rappelé mon expérience avec Godard sur "Détective". Il nous donnait deux pages de textes le matin, en nous disant qu’il faudrait les réciter dans la journée."
Sa scène préférée ? "Lorsque je joue au foot sur la plage avec les enfants, un moment de répit dans un film quand même très dur. Et aussi celle où je tue le méchant… parce que l’acteur (Simon Yam – ndlr) est mon ami !"


















