Deux visions de la Pologne se sont affrontées ce dimanche dans les urnes. D’un côté l'eurosceptique et conservateur Jaroslaw Kaczynski, 61 ans, ancien Premier ministre et frère jumeau de Lech, le président décédé le 10 avril dans un accident d’avion en Russie. De l’autre, le libéral Bronislaw Komorowski, 58 ans, chef de l’Etat par intérim et proche du Premier ministre, Donald Tusk.

C’est le second qui serait arrivé en tête de la présidentielle, ce dimanche, d’après les premiers sondages sortie des urnes, avec 40,7 % des suffrages. Son rival est crédité de 35,8 % des voix. Les huit autres candidats n’ont jamais été en position de perturber les deux favoris. Mais faute d’avoir franchi la barre de 50 %, un second tour aura lieu le 4 juillet.


Jaroslaw Kaczynski s'est efforcé tout au long de la campagne de faire oublier son style intransigeant, son art de diviser et les blocages répétés des institutions européennes qui ont marqué le temps où il était Premier ministre. Son slogan, “ce qui compte le plus, c'est la Pologne”, fait appel à la fibre patriotique.

Le peu charismatique Bronislaw Komorowski s'est lui aussi posé en rassembleur sous le slogan “l'entente est constructive”, qui sous-entend au passage que son élection, si elle a lieu, mettra fin à une cohabitation ponctuée de veto présidentiels aux projets de loi du gouvernement. Il a bénéficié des bons résultats économiques mis en avant par Donald Tusk, le charismatique Premier ministre.