Si la question de la protection et de l’utilisation des données personnelles n’est certes pas nouvelle, Internet et l’avènement des réseaux sociaux, qui ont entraîné la multiplication et la diffusion à grande échelle de données personnelles, lui donnent une dimension nouvelle. De l’épinglage de Facebook par la justice canadienne à l’idée de "Charte" pour un "droit à l’oubli numérique" de Madame Kosciusko-Morizet, on aura rarement autant débattu de la protection des informations personnelles et de leur utilisation par des tiers, tels que les professionnels du marketing. Vous-même, savez-vous exactement quelles informations personnelles vous laissez sur la toile ? Savez-vous vraiment quelle utilisation est faite de ces informations ? Ne vous êtes-vous jamais demandé, en recevant un mail publicitaire d’une enseigne où vous n’avez jamais mis les pieds et dont vous n’avez jamais visité la page web, comment elle a pu obtenir votre adresse mail ?
Pourtant, un cadre juridique existe. Tout utilisateur a ainsi le droit d’accéder à ses informations personnelles pour les modifier ou les supprimer. Mais force est de constater que l’exercice de ce droit est difficile. Il n’est pas évident, même pour l’utilisateur averti, de savoir comment et où accéder à ses données. Et presque impossible, même pour l’internaute le plus chevronné, de connaître exactement, lorsqu’il achète en ligne par exemple, à qui ses données personnelles seront communiquées. La CLCV se bat pour que les droits du consommateur soient respectés : celui-ci doit pouvoir exercer aisément un contrôle sur les informations qu’il a communiquées, à un moment donné, à des professionnels. Elle demande à ce que ces derniers renseignent clairement leurs clients sur l’utilisation qui est faite de leurs données personnelles – notamment à des fins publicitaires et marketing. De plus, elle souhaite que le consentement explicite du consommateur soit systématiquement recueilli avant d’utiliser ou de vendre ses données. Enfin, les pouvoirs de contrôle et de sanction de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) doivent être renforcés. Le respect des droits des consommateurs ne saurait être bafoué pour des enjeux commerciaux, aussi importants soient-ils.










































