Bonjour à vous tous. Metronautes. Je suis heureuse de pouvoir me présenter à vous. Je m'appelle Regina Ubanatu et suis présidente – fondatrice de l'association Réponses Initiatives Femmes Handicapées (RIFH) depuis 1996. Je suis une personne en situation de handicap (polio) en fauteuil roulant depuis l'enfance. Je viens par ailleurs de publier un livre sur mon parcours, mon expérience atypique et originale, publié aux Editions de l'Archipel "La Petite fille qui dansait dans sa tête" paru en janvier 2010. Je suis née au Nigeria et j'ai 44 ans. Et pour terminer ma présentation il faut savoir que je travaille depuis bientôt 20 ans dans une très grande entreprise française.
Je suis prête à répondre à vos questions
Pol : Je n'ai pas lu votre livre, mais pouvez-vous raconter de quoi il s'agit ? Quelle est votre histoire ?
Mon livre aborde la douloureuse question de la quête d'identité liée à une séparation avec mon pays de naissance et ma famille, après une guerre au Nigeria en 1967. J'y aborde également les problèmes humanitaires en commençant par mon évacuation de mon pays d'origine vers un camp de réfugiés au Gabon puis mon départ précipité pour la France...
Ari : Dans quelle grande entreprise française travaillez-vous et quelles ont été les particularités du recrutement ? Efforts à faire en plus j'imagine ?
C'est une très très grande entreprise française... Mon recrutement est assez classique en somme. J'ai dû surmonter de nombreux obstacles. J'ajoute que mon parcours de recrutement a été difficile du fait que je suis noire, handicapée, en fauteuil roulant et immigrée.
Pierrot : Vous ne voulez pas dire dans quelle boîte vous travaillez ? Et ce que vous faites ? C’est intéressant, ça peut inspirer des personnes !
Pour des raisons de discrétion, je ne souhaite pas divulguer le nom de mon entreprise. Pour autant, sachez qu'elle se situe dans le domaine de l'énergie. Je travaille dans les métiers des ressources humaines et plus particulièrement dans l'analyse des profils et fiches de poste. Mon métier d'origine était dans le domaine de la finance et j'ai pu accéder à une reconversion professionnelle. Je viens de commencer une formation d'un niveau Master tout en continuant à travailler.
J'ai écrit une lettre ouverte au Président de la République pour l'interpeller sur le retard pris face aux engagements qu'il avait annoncés au Congrès de l'Unapei à Tours en Juin 2007.
Daniel : Votre association ne s'occupe-t-elle que des femmes handicapées ? Quelle est sa mission ?
RIFH contribue à la reconnaissance et à l’épanouissement de la femme en situation de handicap tant sur le plan social que familial. Elle soutient, accompagne et suit les initiatives des femmes handicapées en France. Elle organise des événements et participe à des actions d’information, de formation des adultes et de sensibilisation auprès des adolescents. Elle collabore aux missions d’études institutionnelles et apporte son expertise auprès des ministères de tutelle. Elle concourt au développement de partenariats et d’accords entre les associations de femmes handicapées en Europe et dans les pays francophones. Le handicap n’ayant pas de frontières, RIFH répond aux sollicitations des associations et des organismes internationaux.
Dany : Bonjour, En quoi consistait la loi votée il y a 5 ans ?
Tout d'abord, je vous confirme que je ne suis pas une spécialiste de cette loi car j'ai commencé dans la vie professionnelle bien avant cette loi du 11 février 2005 et qu'il a fallu me battre pour accéder à l'emploi décent respectant mes compétences professionnelles.
La loi votée il y a 5 ans fut une loi fondatrice. En effet, la dernière loi d'orientation de 1975 était très en retard dans de nombreux domaines. La France a dû s'aligner sur les directives européennes dans le domaine du handicap et de l'emploi. Il était nécessaire qu'elle se mobilise afin que les droits des personnes en situation de handicap puissent être respectés et appliqués. La loi de 2005 a introduit de nouvelles obligations en particulier, le droit à la compensation du handicap fondé sur le projet de vie de chaque personne ; la personnalisation des aides ; la reconnaissance du libre choix de vivre à son domicile ou en milieu adapté, le droit à l'accessibilité de la cité, c'est-à-dire le droit pour tous d'accéder à l'école, à l'emploi, aux bâtiments, aux transports, à la culture, aux loisirs... Pour plus détails, je vous invite chaleureusement à consulter le texte complet soit sur notre site web ou dans Journal Officiel.
VivreFM : La loi sur l'égalité des chances du 11 février 2005 a-t-elle changé quelque chose pour vous?
Celle de 2005, pas grand chose en ce qui me concerne.
Julia : Que consistait votre lettre ouverte au Président de la République ?
Mon objectif en écrivant cette lettre ouverte au Président de la République était de l'interpeller sur le retard pris face aux engagements qu'il avait annoncés au Congrès de l'Unapei à Tours en Juin 2007 ainsi que pendant sa campagne électorale. Il affirmait qu'il ne voulait pas d'une énième loi mais des actes et qu'il n'envisageait pas de moratoire mais au bien au contraire une accélération des mesures. Je cite : "Je ne tolèrerai ni l'immobilisme, ni la résignation, ni le renoncement...". Je vous invite à consulter le détail de ma lettre sur le site de "FranceHandicap-Info" (www.france-handicap-info.com)
kikoou : Comment expliquez-vous le fait que les entreprises françaises refusent d'embaucher des personnes handicapées et préfèrent payer des amendes ?
La vraie question est l'accès à l'éducation, la qualité de la formation professionnelle pour tous et de fait, pour les personnes en situation de handicap. Et dans cas, évidemment, tous les locaux doivent être impérativement accessibles.
Laurent : Vous sentez-vous soutenue dans vos actions par rapport au respect de la loi de 2005 ? Ou de façon plus générale, pour la place de la femme handicapée dans la société, la reconnaissance de ses difficultés... ?
Il est certain qu'une femme en situation de handicap fait face à plusieurs difficultés qui peuvent se transformer au fil des années en double (HandicapFemme) voire multiples discriminations. Comme je l'ai dit plus haut, la loi de 2005 n'a jamais été pour moi un "soulagement ", mais je n'oublie jamais mon combat et mon parcours pour accéder et me maintenir dans l'emploi comme tout un chacun.
Gratos : Quels sont les problèmes discriminations auxquels les femmes sont spécifiquement confrontées ? On parle beaucoup d'amour en ce moment avec la Saint Valentin. Est-il plus difficile d'aimer ou d'être aimé quand on est handicapé ? Ya-t-il d'autres discriminations qu'on ne voit pas ?
Votre question est fondamentale et il faudrait y répondre très longuement je vous renvoie au site de mon association: www.rifh.org qui vous éclairera sur nos objectifs et nos actions.
Vous pouvez aussi nous écrire : RIFH - 31 R. Carle-Hébert - BP 46 - 92404 Courbevoie Cédex;
Et rejoindre nos permanences (1 fois par mois) en consultant les dates sur notre site.
Mais heureusement, toutes les histoires affectives et d'amour sont possibles partout et tout le temps.
Didier : Quelles sont les prochaines perspectives et quels sont les prochains dossiers de votre association ?
Nous développons nos actions de sensibilisation et d'information sur handicap et sexualité. Nous sommes de plus en plus sollicités par des institutions sur cette question particulière. Par ailleurs, nous essayons d'obtenir la reconnaissance d'Association d'Utilité Publique. Là encore, je vous renvoie sur notre site www.rifh.org pour suivre nos activités.
Moderateur metrofrance : Le chat va bientôt prendre fin. Quelque chose à ajouter, Regina Ubanatu ? Un aspect qui n'aurait pas été évoqué ?
En situation de handicap ou non, il faut se battre tous les jours, croire en son potentiel, ne rien attendre car personne ne viendra vous chercher.
















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