Camarades de Métro, jeunes filles et femmes de Metro. Dingue ce qui m’arrive, franchement. Résumons. Nous sommes le Mercredi 06 janvier 2010. Jusqu’ici tout va bien. Enfin, tout va presque bien. Voici un petit résumé des jours précédents. Mercredi 30 décembre : Village à la montagne et rage de dents. Jeudi 31 décembre : Pas de dentiste dans le village et ENORME rage de dents.
Vendredi 1 Janvier : Je ne préfère même pas te raconter. Samedi 2 janvier : Tiens le coup mon Nicolas. Plus que deux jours et rendez-vous chez le dentiste à Paris (16h45). Dimanche 3 Janvier : Dans le train, les gens me regardent comme si j’étais Elephant Man et je ne peux guère les blâmer parce qu’il y a un peu de ça quand même.
Lundi 4 Janvier. Enfin. Je me pointe (en avance) chez mon sauveur de caries. « Assure, Dentiste, ai-je supplié, je fais « Le Grand Journal » ce soir, « Le fou du roi », demain et « On n’est pas couché » jeudi. Et toi, pourquoi tu ne commences pas ? - Parce que je viens de regarder dans ta bouche. - Et alors ? - Et alors, j’appelle le Samu, Nicolas. Et je t’envoie direct aux Urgences de la « Pitié-Salpêtrière », ils sont très bon en Stomatologie. - On va remettre ton idée de Samu pour début mars, s’il te plait. - Nicolas, tu fais un début de septicémie, alors, sois tu crèves, sois tu découvres la « Pitié-Salpêtrière » ». Et c’est alors, amis lecteurs, qu’un long voyage a commencé.
Kik : Quand et comment avez-vous commencé à écrire des livres ?
Quand ? À 24 ans.
Comment ? Avec des feuilles formats A4 et un stylo-feutre noir
Paul : Quelle est la part d'autobiographie dans vos livres ? Particulièrement dans le dernier ?
Tout est vrai dans mes livres. Et tout est faux. Particulièrement dans le dernier.
Kik : Plus précisément, de quelle façon avez-vous commencé à écrire, qu'est ce qui vous a donné envie d'écrire ? Et comment vous êtes vous lancé dans votre 1er roman ? Est-ce que vous pouvez nous raconter comment tout a commencé ? Bon rétablissement au fait !!
Merci pour le rétablissement ! Bon, ce qui m'a donné envie d'écrire mon premier livre, c'est qu'une fille m'a brisé le coeur. Ce n'est pas très original, mais je te jure que c'est vrai. Au début, on commence les chapitres pour lui dire : "Déconne pas, merde, REVIENS. Je suis l'homme de ta vie ". Ensuite, on continue d'écrire parce qu'on réalise que - quoi qu'on entreprenne - même ce livre - ce combat est un combat perdu d'avance. Là, on vire les premières pages et ensuite, on commence le roman. Là-dessus. Sur le fait que, quoi qu'on entreprenne, l'amour est un combat perdu d'avance.
Paul : Ca veut dire quoi tout est vrai et tout est faux ? Pourriez-vous être plus précis ? On dit que celui-là est plus personnel que les autres. Qu'en dîtes-vous ?
J'en dis, mon cher Paul, qu'un livre n'est jamais un roman, une nouvelle, un récit, une autobiographie, mais qu'un livre est bon ou mauvais, voilà tout. En revanche et afin de ne pas éluder votre question, si certains ont trouvé ce livre plus personnel que les autres, j'en suis ravi. Cela prouve qu'en évoquant tout un tas de trucs qui me tenaient à coeur, j'ai pu toucher les gens de façon plus "personnelle".
Pour la première fois, j'écrivais avec du Coca Light et du café, sans alcool et sans l'aide d'aucune substance chimique.
Pierre mousse : Vous faisiez quoi avant ?
Je faisais semblant de faire une école de commerce.
Dead : Comment vivez-vous votre succès ? Ou si vous êtes habitué, comment l'avez-vous vécu au départ ?
En ce qui concerne ma vie sentimentale : échec total. En ce qui concerne ma santé physique : échec total. En revanche, j'ai réussi à emmener mon fils à EuroDisney gratos et ça, je te jure, franchement, je considère que c'est un immense succès.
Vaness : Quelles sont vos influences littéraires ? Chez les classiques, les contemporains, les Français, les étrangers ?
Djian, Carver, Jay McInerney, Philippe Jeannada, Richard Ford etc...
Yann : Etes-vous passé par des doutes profonds dans votre carrière d'écrivain ? Le « syndrome de la page blanche » ? Par exemple, ces 4 dernières années où l’on attendait patiemment un livre de vous ! Ravi de vous retrouver d'ailleurs, pour ce qui me concerne !
Merci camarade. Des doutes profonds, oui. Mais pas dans ma "carrière d'écrivain". Le syndrome de la page blanche ? pour "Un léger passage à vide", oh que oui ! Pour la première fois, j'écrivais avec du Coca Light et du café, sans alcool et sans l'aide d'aucune substance chimique. Du coup, je mettais cinq jours à faire une ligne et plus cinq minutes.
Prof : Le titre de votre roman est évocateur et le livre raconte sûrement pourquoi l’on ne vous a plus lu depuis 4 ou 5 ans. La 4e de couverture me fait penser aux premières lignes de l'un de mes romans favoris, « L'Attrape-cœurs » de Salinger. Y a-t-il du Holden Caulfield en vous ou en votre personnage ?
Exact. Je n'y avais pas pensé. Mais « L'Attrape-cœurs » est aussi l'un de mes romans favoris. J'aimerais bien retrouver la première phrase du livre. Et le reste aussi. Et la môme Phoebe. Tu imagines, le mec, il écrit « L'Attrape-cœurs ». Alors là, tu te dis : "putain, oui, c'est un écrivain". Mieux, excuse-moi, je m'emballe, mais tu vois, ce livre, tu dors avec sous ton oreiller et, en même temps, tu vas l'offrir à la terre entière. Il y a plusieurs moments où Holden, pendant sa fugue, se décide presque à appeler sa petite copine, il va dans une cabine, puis raccroche et balance : "Non, il faut avoir la forme pour faire ce genre de truc". C'est toute ma vie cette phrase.
Agnès : Votre dernier roman retrace des sensations vécues entre 11 et 35 ans. Comment l'avez-vous écrit ? C'est votre journal intime ? Quel était votre projet au départ avec ce livre ? Votre intention ?
Ma très chère Agnès, j'adore ce prénom, mon projet initial était d'écrire "Guerre et paix", mais, au fur et à mesure, comme vous allez le constater, j'ai revu mes intentions à la baisse.
Manulille : Bonjour, acceptes-tu la comparaison avec Frédéric Beigbeder, quant au style et à l'autofiction assumée ?
J'assume tout de Frédéric. J'aime cet homme, que veux-tu.
Nassy : Je trouve ce livre particulièrement sombre. On ressent le spleen du poète maudit, une vanité de l'existence... votre conception de la vie est-elle si sombre ?
Non, elle est pire encore. Là, j'ai fait dans le Dragibus.
Fils : Vos personnages sont toujours très sombres, désenchantés mais tombent souvent amoureux. Comme si c'était la seule concession que vous faisiez à l'enchantement. Je me trompe ?
Oui.
Vik : Quel est votre prochain projet d'écriture ! Dîtes-le-nous, S'il vous plaît !!
Aucun. J'arrête ici. Je le jure !
Viviane : En dehors du rétablissement de votre rage de dents bien sûr, que peut-on vous souhaiter pour 2010 ? Personnellement et professionnellement ?
Des prothèses pour les hanches. Le pire, c'est que tu vas croire que je déconne alors que pour une fois, non !
Ma conclusion va être aussi courte que mon introduction a été longue. Bon courage à tous. NR.






















/templates/img/global/open-metro-pull-quote-32x27.gif)
/templates/img/global/close-metro-pull-quote-32x27.gif)












