Barbara, 42 ans, secrétaire en Seine-et-Marne
"Ca faisait six jours que je travaillais pour un nouveau job quand mon anniversaire est tombé pour me donner une année de plus. J'ai offert 100 croissants à mes collègues et mon patron m'a dit que je n'avais pas pensé à tout le monde, que je ne savais pas compter… Je pense que la gentillesse n’a pas sa place en entreprise. Un acte gentil dérange les patrons et surprend les collègues. Et moi je suis toujours surprise qu’ils soient surpris par un acte sympa et dont je n’attends rien en retour. Ca me fait juste du bien de temps en temps d’être gentille, d’aller vers les autres. Le revers de la médaille, c’est que certains collègues, le moment de surprise passée, sont à leur tour pris d’une bouffée de gentillesse à mon égard. Ils ont l’impression d’avoir trouvé quelqu’un à qui se confier, quelqu’un d’attentif. Mais je ne suis pas assistante sociale !"
Nicolas, 31 ans, cheminot à Rennes
"La dernière fois que j'ai été gentil ? Mais pour moi, c'est tous les jours la journée de la gentillesse, je suis constamment gentil avec mes collègues de bureau, mes chefs surtout, mais aussi avec mes amis, mes amours, les inconnues... Bon, je tourne ça en dérision mais c’est ma réponse à l'agressivité gratuite des gens. Pour moi, la gentillesse n'est surtout pas une faiblesse mais une forme d'intelligence. On peut tout obtenir ou presque avec la gentillesse et le respect. Par contre, sans respect ni gentillesse, on n'obtiendra strictement rien de moi ! Comment se concrétise cette gentillesse sans limite? C'est simple: je suis tout le temps sympa. Un exemple parmi tant d'autres, j'offre régulièrement une tournée de croissants le matin à mes collègues de bureau. Au début, ça a été mal perçu, disons que c'était "trop gentil" pour être vrai. Depuis, c'est devenu presque un rite, mes collègues s'y sont mis et presque chaque matin on a le droit à des croissants et ça a mis une ambiance vraiment plus sympa dans le bureau."
Anaïs, 22 ans, étudiante en kinésithérapie
"Mon dernier acte de gentillesse, c’était mardi. Si l'on peut parler de gentillesse... à mon avis, cela tient plus du minimum requis ! J'ai cédé ma place à un homme à la chevelure blanchissante dans le bus. Oui, on est loin de l'héroïsme ! Mais pourtant, je suis la seule à l'avoir fait... Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, où aviez-vous mis votre civilité ? Cela dit, là où je suis toujours gagnante, c'est pour porter les poussettes dans les escaliers. Ce ne sont pas les grands gaillards qui se proposent, non, c'est moi, la boulotte de 1m60 ! Pour moi, être gentille c’est faire quelque chose de sympa sans rien attendre en retour, sauf un sourire… qui ne vient pas toujours. Il ne faut pas être naïf : si on est trop gentil, on risque vite de se faire marcher dessus. On est donc parfois obligé de se méfier, et c’est dommage. Pour moi, le meilleur moyen d’exprimer sa gentillesse est d’entrer dans une association pour faire de bonnes œuvres."
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