Bonjour, tout d'abord, et merci de me convier à ce chat avec les internautes et lecteurs de Métro. Je suis disponible pour répondre à vos questions.

Bidibulle : vous avez déjà fait deux mandats et douze ans de présidence ... sur quel secteur pouvez-vous amener des nouveautés ?

Le projet que nous avons adressé aux électeurs et aux électrices des Midi-Pyrénées se situe dans la prolongation des politiques construites au cours du mandat qui s'achève. Les principales mesures tourneront autour de l'emploi, qu'il s'agisse des contrats de développement passés avec des PME-PMI, de la création d'un fonds de garantie pour l'artisanat le commerce et le tourisme en complément des dispositifs déjà créés. Nous irons plus loin aussi en direction des jeunes. Je veux éviter la fracture numérique entre les lycéens auxquels les parents peuvent fournir un ordinateur portable et ceux dont les parents ne le pourraient pas. Nous créerons donc, dès la rentrée de septembre une bourse qui accompagnera les jeunes. Pour les uns, le financement sera total, pour les autrrs, il sera dégressif en fonction du revenu des parents. 30 000 lycéens en bénéficieront désormais à chaque rentrée scolaire. Je vous rappelle qu'aujourd'hui ils sont 118 000 à bénéficier de la gratuité des livres dans les lycées et 20000 à recevoir une bourse spécifique à l'enseignement professionnel. Il y a dans mon projet 45 mesures nouvelles. Je vous invite à les consulter sur mon site www.malvy.com.

Micmac 46 : Je ne sais pas pour qui voter le 14 mars prochain ... quel est l'argument de campagne qui pourrait m'inciter à voter pour vous ?

La construction d'une véritable politique régionale autour de grands thèmes qui sont, je le rappelle, l'éducation et la formation. Avec un formidable effort que nous allons poursuivre sur les lycées, les centres de formation d'apprentis et en direction de l'enseignement supérieur, la formation professionnelle et, alors que le gouvernement s'oriente vers le tout privatif, la création d'un service public régional de la formation. Dans le secteur de l'aménagement du territoire, la réalisation du TGV non seulement entre Toulouse et Paris mais encore entre Toulouse/Narbonne et Barcelone. Ce sont des projets dont je revendique la paternité. La poursuite du plan rail et du développement du train régional. Je vous rappelle que nous n'en avons la compétence que depuis 2002 et que nous avons doublé le nombre de trains circulant en Midi-Pyrénées. Nous sommes déjà passés de 5 à 12 millions de voyageurs. J'ajouterais, pour être bref, la poursuite de l'aide aux collectivités locales de Midi-Pyrénées pour la réalisation de leurs principaux équipements. Sans la Région et compte tenu du désengagement de l'Etat, la plupart d'entre eux ne pourraient plus être réalisés. J'évoquerais également les problèmes liés à l'environnement. Vous avez peut-être vu, dans le dernier numéro de Terra Eco, que nous sommes classés seconde région de France pour ce qui est des avancées dans le domaine du développement durable. Enfin, et pour ne pas être trop long, j'évoquerais la culture dont nous avons doublé le budget régional au cours des dernières années, la recherche. En 2004, je m'étais engagé à augmenter le budget de 50% entre 2004 et 2010. Nous l'avons majoré de 130% en lien direct avec les entreprises et notamment les PME-PMI. Voilà quelques arguments qui, je l'espère, vous convaincront de rejoindre le projet que je porte.

Martine A : Etes vous prêts à faire alliance avec les Verts de Gérard Onesta entre les deux tours?

Oui. La réponse est claire. J'aurais souhaité une grande liste de rassemblement de la gauche, dès le premier tour. Je l'ai dit et je le rappelle dans chacune de nos réunions publiques.

Pour moi, c'est la région d'abord avec des mesures concrètes qui figurent dans notre projet. Cette eléction est d'abord régionale, c’est-à-dire que le 14 mars, nos concitoyens n'éliront ni le président de la République, ni une Assemblée Nationale, ni le Parlement européen.

Lucho : Ne craignez vous pas que vos adversaires utilisent l'argument de votre âge pour vous déstabiliser ?

Ce n'est pas l'âge du capitaine qui compte mais le projet. J'ajoute la volonté la détermination.

Lara : Votre bilan en matière d'écologie a l'air plutôt bon. Qu'est ce qui vous différencie d'Europe Ecologie ?

Vous savez que nous n'avons pas attendu l'échec de Copenhague pour bâtir une politique environnementale. Nous nous y sommes engagés dès 2002. Nous avons été la première Région de France dont l'agenda 21 a été reconnu par le ministère de l'écologie qui a souligné la qualité de la concertation qui a prévalu à son élaboration. Ce que je peux dire, c'est que notre action est concrète et se voit maintenant sur le terrain. Peut-être, y a-t-il un dossier sur lequel nous avons quelques divergences. Celui du TGV. Mais, pour moi, c'est une priorité. Je ne l'ai pas sorti à l'occasion du contrat de plan Etat-Région en 2000 pour y renoncer. Le chantier doit s'ouvrir fin 2012 début 2013. C'est une exigence. Midi-Pyrénées ne peut pas rester la seule région de France à l'écart du réseau européen des trains rapides. Ce serait une pénalité considérable pour son économie, donc pour l'emploi. Par contre il est évident que le projet doit être respectueux de l'environnement et j'y serai attentif. Il est aussi évident qu'il est inadmissible que le gouvernement et l'UMP exigent des collectivités locales une participation financière considérable. Il y a là un vrai chantage. Mais, il en va de même pour les autres réseaux à construire au plan national et si je condamne la méthode, ma volonté est déterminée. Il s'agit de l'avenir économique de notre région.

BB Loose : Les sondages donnent les verts avec près de 20% de suffrages. Cela vous inquiète ? Et pourquoi ne pas avoiir fait alliance avec eux dès le 1er tour ?

J'ai proposé l'alliance pour le premier tour. Quand aux sondages, ce ne sont que des sondages. Nous verrons le soir du 14 mars ce qu'est le choix de nos concitoyens.

Manu - Aveyron : Durant le mandat qui se termine, vous avez lancé une structure qui demeure reconnue par tous : l'école de la deuxième chance. La Région a assuré l'investissement et le fonctionnement afin de répondre à la problématique de la formation et de l'insertion professionnelle. Quel devenir pour cette structure ?

Merci pour votre appréciation. L'école de la deuxième chance qui s'adresse, je le rappelle, à des jeunes filles et à des jeunes gens sortis du système scolaire et pour des raisons diverses qui ne sont pas toujours de leur fait, en échec scolaire, enregistre d'excellents résultats. 70% des 700 jeunes qui l'ont fréquentée à ce jour en sortent avec une formation qualifiante ou un emploi dans les entreprises qui acceptent de les prendre en stage. Je proposerai aux départements et aux villes de Midi-Pyrénées la création en partenariat avec eux d'antennes départementales et j'espère qu'ils accepteront ce partenariat. Mais, pour aller plus loin dans l’insertion par l'économie, j'ai l'intention de continuer à soutenir fortement les associations qui s'en préoccupent. Je voudrais prendre comme exemple la belle réussite d'Empalot Création Emploi que nous avons soutenue à sa naissance en 2004 et qui m'a invité, il y a quelques jours, à voir son travail. Il ne faut jamais désespérer. La structure a permis la création de 700 emplois. C'est une belle réussite et c'est la raison pour laquelle nous allons créer un pass-emploi pour les jeunes en difficulté ou mettre en place un dispositif pour permettre à des jeunes de créer leurs propres activités. Ce sont des jeunes eux-mêmes qui m'ont intéressé sur le sujet et m'ont demandé de mettre en place ce guichet pour aider ceux d'entre eux qui effectivement veulent créer leur propre emploi. Quand je parle de jeunes, ce sont sans doute des moins de 30 ans.

Toléranceman : Mr Malvy, vous avez bonne réputation sur la région et je m'apprêtais à voter pour votre liste. Je n'en ferai rien vu ce qui se passe en Ariège où M. Bonrepaux, après s'en être pris aux ours, s'en prend à un gars compétent mais homosexuel...

Le problème qui s'est posé en Ariège ne relève en rien de l'homophobie. Il y a, derrière le problème que vous soulevez, de mauvaises relations personnelles. Cela arrive aussi en politique. Si j'avais eu un seul instant le sentiment qu'il y ait ce que vous dites, je m'y serais opposé de la manière la plus formelle. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai proposé à Michel Teychené de devenir le médiateur régional de la lutte contre les discriminations. Quatre régions ont déjà créé des commissions régionales sur ce thème. Je créerai au lendemain des élections une commission de ce type pour traiter de toutes les discriminations. Je souhaite que de ce point de vue aussi, Midi-Pyrénées deviennent une région exemplaire.

Lionel12 : Bonjour M. MALVY. Trop nombreux sont les étudiants qui doivent choisir entre se nourrir et se soigner, se privant ainsi de soins notamment dentaires et oculaires. Que pouvez vous faire sur ce point et qu'allez vous faire si vous êtes président de la Région le 21 mars au soir ?

Vous avez raison. C'est déplorable. La précarisation a gagné d'une manière insupportable le monde étudiant. Et vous avez raison encore, cela touche dramatiquement le problème de la santé car sans prévention et sans soin au moment où ils doivent être prodigués, c'est toute leur vie que les jeunes, qui sont confrontés à ces problèmes, risquent d'en être affectés. Je propose donc la création d'une maison de la Santé pour les étudiants en concertation avec les universités et la sécurité sociale. Par ailleurs, pour ceux qui sont le plus en difficulté, nous mettrons en place un pass-mutuelle afin de leur permettre d'accéder aux soins.

Funcky : Dans le domaine de la culture, quelles sont les principales mesures que vous souhaiteriez mettre en oeuvre si vous êtes réélu ?

Je tiens d'abord à ce que nous élaborions un schéma régional des lieux de culture pour accompagner les collectivités locales, soit dans la création de nouveaux établissements, soit dans l'adaptation de ceux qui existent et qui ne sont pas toujours fonctionnels. Nous avons doublé le budget de la culture. Nous poursuivrons donc en l'accentuant avec l'aide aux spectacles vivants, à la création et à la diffusion. Nous continuerons d'accompagner les grandes compagnies avec en contrepartie leur prestation sur le territoire régional. Nous avons inscrit dans notre projet la numérisation de quelque 200 salles de cinéma indépendantes. Nous continuerons à développer notre soutien aux tournages de films en Mdi-Pyrénés à la condition que les réalisateurs emploient nos intermittents du spectacle et nos techniciens. Sur le territoire régional, nous développerons les politiques mises en place à partir des "projets culturels de territoires". Sur les 32 pays de Midi-Pyrénées, nous en avons agréé déjà 17. Enfin, et pour être bref, nous créerons un pass-culture pour faciliter l'accès des jeunes aux spectacles.

Gerges31 : Gérard Onesta a l'air de dire qu'on peut perdre quelques minutes sur le futur TGV Paris-Toulouse en le faisant rouler sur les voies existantes. Dans ce cas, ne serait-il pas obligatoire de diminuer le nombre de TER qui roulent sur les mêmes voies ?

On ne peut pas faire circuler un TGV qui roule à 300 km/h sur des voies où circulent des trains qui roulent trois fois moins vite. C'est impossible. Et il faut bien voir que le TGV n'est pas une desserte locale. Nous sommes là en réalité, sur une ligne qui ira entre autres de Bordeaux, c'est-à-dire l'Atlantique à Barcelone, c’est-à-dire la Méditerranée.

Olivier Albi : Quelles sont les principales mesures que vous promettez pour favoriser la réussite scolaire des lycéens?

Je tiens d'abord à déplorer la politique du gouvernement et de l'UMP. Il est lamentable de voir que l'on met en place une réforme des lycées qui en réalité est dictée par Bercy avec la suppression de 15000 postes d'enseignants par an. J'ai bien l'intention de dénoncer cela à chaque occasion. C'est la raison pour laquelle j'ai refusé depuis deux ans de signer les conventions d'ouverture et de fermetures de classe avec le rectorat. Pour ce qui nous concerne, je vous précise que, d'ici 2011, le "cartable électronique" sera généralisé dans tous les lycées de Midi-Pyrénées. Il en sera de même pour l'université numérique. Nous serons la première région de France. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai annoncé l'ordinateur portable à l'entrée en Seconde. Je prendrais un autre exemple: il y a quelques mois, Eurostat a fait le constat que la France était le sixième cancre européen pour ce qui est de l'enseignement des langues. Nous avons décidé de doter tous nos lycées qui le souhaitent d'un laboratoire de langues. Le programme est maintenant en place. Dès cette année, nous allons en installer dans une quarantaine d'établissements. D'ici la rentrée 2012, tous les lycées de Midi-Pyrénées qui le souhaitent le seront. Enfin, je vous rappelle les projets d'avenir que nous avons développés et qui sont une grande réussite puisque, chaque année, nous recevons maintenant quelque 300 candidatures. Nous retiendrons davantage de projets d'avenir. Enfin et pour prendre un exemple, je vous rappelle que dans notre projet nous avons décidé de créer des bourses d'internat pour les lycéens et une indemnité pour l'hébergement des apprentis.

Marie-Claire : La sécurité dans les lycées fait débat. Est-ce que la création de poste de pions qui ont été supprimés par le gouvernement est envisagée dans votre projet ?

Le personnel des établissements d'enseignement secondaire relève intégralement de la compétence du ministère de l'Education nationale à l'exception des agents d'entretien qui nous ont été transférés. J'ai été pion à Rodez quand j'étais jeune. Nous étions une vingtaine et nous connaissions tous les lycéens. Avoir réduit cet encadrement au strict minimum est inadmissible.

Edgard Matabiau : Diriger une grande Région comme Midi-Pyrénées demande de solides compétences. Pensez vous que votre expérience passée soit un atout par rapport à vos concurrents malgré l'age du capitaine ;-)

L'expérience est l'évidence un atout. L'expérience de la Région aussi. Prendre en main une grande collectivité demande au moins du temps. Ce mandat ne dure que quatre ans. Il faut pratiquement deux années pour s'imprégner du fonctionnement d'une grande institution. Malgré l'expérience qui était la mienne, je l'ai mesuré. L'expérience est utile. Il faut aussi de la détermination et de la persévérance, parfois de l'obstination et en même temps une grande capacité d'écoute surtout dans cette période où tout évolue très vite.

Indécis : Je suis indécis pour mon vote. Qu'est ce qui vous différencie des autres candidats. Si vous deviez citer deux ou trois engagements forts qui vous différencient de eux, lesquels citeriez vous ?

Notre adversaire, c'est l'UMP. Je veux opposer au triste bouclier fiscal un véritable bouclier social et territorial. Et surtout évacuer tout ce qui est démagogie. On est jugé sur les engagements que l'on prend et sur le respect qu'on leur porte. Nous avons tenu tous nos engagements pris en 2004 et nous sommes même allés plus loin dans bien des secteurs que ce qu'était notre projet . Nous irons, j'en suis convaincu, plus loin que ce que nous estimons indispensable. Ce qui nous différencie parfois vis-à-vis de l'UMP, c'est que celle-ci oublie totalement les méfaits de la politique gouvernementale et fait le silence le plus total sur ses conséquences pour nos concitoyens. Pour d'autres, je dirais peut-être que pour moi c'est la région d'abord avec des mesures concrètes qui figurent dans notre projet et que cette élection est d'abord régionale, c’est-à-dire que le 14 mars, nos concitoyens n'éliront ni le président de la République, ni une Assemblée Nationale, ni le Parlement européen. Je le dis en toute amitié.

Moderateur metrofrance : Le chat va bientôt prendre fin. Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Martin Malvy ? Un aspect qui n'aurait pas été évoqué ?

Simplement, il faut mettre un peu d'humanité dans un monde difficile et en réponse, voire en résistance à la politique que mène l'UMP, aux salaires démesurés des patrons du CAC 40, à l'invraisemblable revendication salariale du président d'EDF et de Veolia, nous devons opposer la situation dans laquelle se trouve les 15 millions de nos concitoyens dont le médiateur de la République déclarait récemment qu'ils ne parviennent pas à boucler la fin du mois. C'est la raison pour laquelle, nous avons déjà pris des mesures de solidarité à l'égard des familles des lycéens, pour laquelle nous irons plus loin dans les tarifs ferroviaires en faveur des jeunes et des salariés, pour laquelle encore après avoir créé une commission régionale du handicap, nous créerons la commission régionale de lutte contre les discriminations, quelles qu'elles soient : discrimination homme-femme, discrimination sur les origines, sur les religions dans le respect de la laïcité, ou sur la vie privée et l'accès au travail... C'est dans bien des domaines de la vie que nos concitoyens ont aujourd'hui besoin d'une région forte et j'entends bien que la nôtre le soit. Ouverte à tous, transparente et efficace.