Bonjour à toutes et tous, je suis en direct de Toulouse et ouvert à vos questions... C'est à vous !

Emile : Bonjour, quel est votre parcours politique ?

D'abord, l'engagement citoyen dans les associations. Puis mon engagement chez les Verts il y a 25 ans. Et très rapidement je suis devenu le benjamin du Parlement européen. Je l'ai quitté l’an dernier après en avoir été le Vice Président.

Ludo : Quelles sont vos chances à la présidence du Conseil régional ?

Tout dépend de vous (sourire). Plus sérieusement, c'est une élection à deux tours et si nous rééditons notre exploit des européennes, le second tour est ouvert.

Greg : Pourquoi avoir pris des personnalités sur vos listes régionales qui ne sont pas en position d'éligibilité ?

Parce que nous sommes totalement opposés au cumul des
mandats. Si mon ami José Bové est dernier de liste c'est pour apporter son soutien et faire passer un signal politique, pas pour ajouter une ligne à sa carte de visite de député européen.

Greg : Quel est le point négatif de votre liste ? Le point positif ?

Il n'y aura aucune fusion avec le PS si les conditions de respect de notre projet et de sa mise en oeuvre réelle ne sont pas réunies. Pas de course aux strapontins ! Notre crédibilité est à ce prix.

Négatif ? franchement je cherche et ne vois pas. J'aurais aimé qu'elle soit plus longue pour y afficher encore plus de gens compétents ! Du côté positif, c'est une liste unie (décidée par consensus à l'unanimité), et composée uniquement de gens connus pour leur intégrité et leur dévouement de tous les jours.

Greg : Envisagez-vous de faire le meilleur score ? Si oui, pensez-vous que le PS se rangerait derrière vous ?

Notre objectif est d'abord d'être devant l’UMP, notre adversaire principal. Ensuite au deuxième tour, on verra si l'on peut fusionner avec les socialistes (mais pour ça, il faudrait que le PS accepte enfin de discuter de programme avec nous) sinon, que les citoyens choisissent la gauche de leur coeur.

Alain : Quel est votre principal(e) adversaire ?

L'UMP. Madame Barèges incarne l'exact opposé de nos valeurs, de nos pratiques et de notre projet. Nous, c'est le respect, la solidarité...

Csgi : Pourquoi une personnalité dont le parti prône le non cumul des mandats se présente-t-il alors qu'il est déjà élu ?

Je ne suis pas élu... Je n'ai aucun mandat ! J'ai quitté le Parlement européen comme je m'y étais engagé, car quand on demande le renouvellement des fonctions il faut se l'appliquer à soi même... Dont acte.

Ludo : Qu'est-ce qu'il y a à changer dans la politique actuelle de la Région ?

Il faut changer trois choses : d'abord commencer par anticiper enfin les problèmes pour ne plus subir les crises. Puis il faut réorienter vraiment notre économie, nos transports, notre formation, notre agriculture, etc vers le développement durable seul vecteur d'emploi massif, utiles et non délocalisables. Enfin, il faut gouverner autrement, d'abord par une concertation systématique, puis des décisions prises dans la transparence et la collégialité, et enfin une évaluation publique des résultats obtenus...

Paul : Quelles seront vos premières mesures en cas d'élection ?

Un vaste plan d'évaluation du gisement des éco-emplois (environnementaux, économie sociale et solidaire, etc.). Notre triple priorité est : l'emploi, l'emploi, l'emploi. Cela signifie de réunir sur tous les bassins d'emploi des Agoras citoyennes (élus, professionnels, associations..) pour faire l'état des lieux des filières obsolètes, des besoins de diversification, et du potentiel d'emplois utiles pour l'environnement la santé et le social (exemple la filière bois, l'agriculture bio, les transports en commun, le rail, l'aide à la personne, la formation, etc.

Gérard 82 : Bonjour Monsieur Onesta. La liste Europe Ecologie d'Aquitaine s'est clairement positionnée contre le projet ruineux et destructeur du TGV Paris-Bordeaux-Toulouse. J'ai assisté au meeting de votre liste à Grisolles ou cette position semblait également l'emporter. Pouvez-vous donc confirmer que vous vous positionnerez bien contre ce projet fou ?

Nous ne sommes pas opposés par principe à l'outil TGV, notamment parce qu'il est une alternative positive aux avions moyens courrier. Mais toute infrastructure doit être évaluée au regard de son utilité sociale, de son impact environnemental et de sa pertinence budgétaire. Ce qui veut dire que le TGV (et la LGV qui va avec) ne sera le bienvenu à Toulouse que s'il ne détruit pas tout sur son passage (quitte à perdre un peu de temps en roulant parfois sur des voies existantes), ne vient pas en déduction des TER ou des trains Cahors Paris direct, ne siphonne pas tous les budgets et s'intègre dans une liaison à toute l'Europe du Sud et pas simplement en dépendance de Paris...

Bubulle 46 : Selon vous quels sont les points noirs de l'écologie en Midi-Pyrénées ?

Nous vivons dans un environnement globalement empoisonné (nitrates, pesticides, toxines diverses...) 13700 cancers de plus par an dans notre région ! Il faut refondre tout l'aménagement du territoire qui est trop toulouso-centré, relocaliser les flux, changer l'agriculture pour aller vers le bio, écoconditionner les aides aux entreprises, axer les transports vers le rail et les transports en commun, sauvegarder la biodiversité, etc.... Bref il y a un boulot fou à faire.

Mika : Il y a deux grands secteurs d'activités en Midi-Pyrénées : l'aéronautique et l'agriculture. Comment comptez-vous contribuer au développement de ces deux secteurs d'activité ?

Il faut d'abord ne pas penser en termes de mono industrie. Midi-Pyrénées est fragile des incertitudes qui planent sur l'aéronautique. Notre objectif n'est pas de tout conditionner à Airbus et autres, mais de diversifier cette production et sécuriser ainsi des milliers de sous traitants. Aibus peut aussi bien faire des pales d'hélice d'éolienne que des pales d'hélice d'avion ! Pour l'agriculture, il faut d'abord réinstaller des paysans (la moitié d'entre eux ont disparu en 20 ans ! Il faut ensuite penser bio, circuits courts, prix rémunérateurs et accessibles à tous, valorisation sur place des produits... bref une vrai révolution en terme d'impact sur l'emploi, la santé et l'environnement...

Emile : Il y a une semaine, Martin Malvy a porté plainte contre la SNCF. Que pensez-vous de ce geste ?

C'est une façon utile de pousser la SNCF à assurer une vraie qualité de services aux usagers. Mais il faut aller plus loin en proposant un vrai "RER" régional avec une plus grande fréquence des trains surtout autour des agglos de Midi-Pyrénées, offrir à travers un "Pass vert" la gratuité des connexions entre train, métro, tram et bus… Bref le train est à réinventer dans notre région, notamment dans sa composante de fret ferroviaire...

Mika : Qu'est-ce qui différencie votre programme de celui de Martin Malvy ?

Nous changeons de logiciel politique. Notre grande différence est d'anticiper l'entrée de notre région dans l'ère du "post pétrole". Actuellement le PS n'a aucune stratégie forte en ce sens. Il ne fait qu'accompagner la crise en saupoudrant des aides. Nous, nous voulons refondre l'urbanisme, l'agriculture, les transports, le développement économique. C'est à ce prix que l'on sauvera à la fois l'emploi, le climat, les liens sociaux...

Greg : Qu'envisagez-vous de faire au deuxième tour : dans le cas d'une triangulaire ? Dans le cas ou vous ne passez pas le premier tour ?

Notre option première est une union de tous les progressistes sur la base de la proportionnelle des résultats du premier tour, de la convergence des programmes politiques et des garanties de fiabilité et de respect dans le temps des accords passés... Pour l'instant, le PS - tout à ses vieux démons de l'hégémonie - refuse de suivre cette logique. Comme il n'y a aucun risque que la droite emporte la Région, nous pouvons, le cas échéant, envisager de nous maintenir au second tour, sur la seule force et cohérence de notre projet..

Parpaihol : Mr Onesta, Europe-écologie a attiré beaucoup de nouveaux militants qui en ont assez des partis hégémoniques. Si vous deviez fusionner avec le PS pour le deuxième tour, ne craigniez-vous pas une perte de crédibilité ?

Comme je viens de le dire, il n'y aura aucune fusion avec le PS si les conditions très strictes de respect de notre projet et de sa mise en oeuvre réelle ne sont pas réunies. Il n'y aura pas d'accord par principe, mais uniquement si cela répond concrètement aux espoirs que la dynamique d'Europe Ecologie a soulevés. Pas de course aux strapontins ! Notre crédibilité est à ce prix.

Greg : Que pensez-vous de l'éviction du Vert et ancien président de Tisséo/Stéphane Coppey (qui est sur votre liste) par le PS Pierre Cohen ? Le même scénario s'est appliqué à la mairie de Ramonville avec des adjoints Verts remerciés.

C'est un triple reniement de la part de Pierre Cohen vis-à-vis des engagements pris : d'abord face à ses électeurs auxquels il avait promis des transports en commun de qualité sur toute l'agglo (et non sur le "petit Toulouse"), ensuite face à ses partenaires Verts à qui il doit aussi son élection, enfin face aux militants de son propre parti qui ont voté massivement à l'automne la fin du cumul des mandats. Comme l'a souligné la presse, M. Cohen est le premier cumulard de France… mais peut être que son dessein caché était de brouiller les écologistes avec Martin Malvy avec qui il a - chacun le sait- des relations très difficiles…

Fati : Quels projets pour les quartiers populaires avec Europe Ecologie ?

L'écologie n'est pas un luxe réservé aux "Bobos". Ce sont toujours les populations défavorisées qui vivent dans l'environnement le plus dégradé. Notre projet est d'abord en direction des quartiers populaires ou des zones rurales désertifiées : transport en commun de qualité, programme d'isolation des bâtiments pour faire baisser les factures énergétiques, marché bio de proximité à bas prix grâce aux circuits courts, éco conditionnalité des aides économiques en faveur du secteur sociale et solidaire, etc… l'écologie doit être populaire ou ne sera pas…

Mika : Sur quels points pensez-vous que la majorité actuelle a été défaillante dans la gestion de la Région ?

Tout le monde peut noter un manque de vision prospective face aux mutations en cours dans notre société : saupoudrage des aides pour complaire au plus grand nombre sans toujours faire sens, gouvernance étriquée autour du seul président... Cette gestion "notariale" n'est pas porteuse d'espoir en termes de changement de société, donc de solutions durables à la crise sociale, environnementale, culturelle, financière, climatique, etc.

José B : Au quotidien, quels sont vos gestes écologiques? vous vous déplacez en train ? A vélo ? Vous coupez l'eau pendant que vous vous lavez les dents ?

Question de José B ???? (sourire). Je suis venu en métro dans les locaux de Metro (!), notre local de campagne a été positionné à coté de la principale gare régionale pour faciliter les déplacements de tous les militants en train, notre campagne est "compensée" sur la plan carbone par une aide financière pour sauver le climat dans les pays du Sud, je trie mes déchets après les avoir réduit à la source, et je me brosse les dents presque à sec car c'est aussi plus efficace en terme d'hygiène buco-dentaire !!!

Jacques du Gers : Les (nombreux) électeurs qui vont voter Europe Ecologie attendent l'autonomie complète de ce rassemblement enthousiaste "qui a tout d'une grande" (formation politique), en termes de compétences et de volonté de changement. Vu les récents "accrocs" dans les engagements locaux du PS et vos propres annonces de "ne pas continuer comme ça ", l'idée même d'une fusion de liste avec le PS PRG parait dommageable, et décevrait beaucoup de vos sympathisants, et surtout pour l'avenir du rassemblement !!

Relire tout ce que j'ai écrit. Et aussi se rappeler tout ce que j'ai fait depuis 25 ans dans ce cadre. Jamais la moindre once de compromission. Avec le PS, le dialogue est courtois mais ferme. Ce "grand" parti ne comprend que le rapport de force dicté par les urnes. Plus Europe Ecologie sera en haut de la vague le 14 mars, plus les socialistes deviendront "eco-compatibles"... Mais il y a encore beaucoup beaucoup
beaucoup de travail de leur coté… Mais on va tout faire (avec l'aide de vos nombreux suffrages) pour les aider à avancer (sourire).

Obelix : Bonjour, quelles sont selon vous les marges de manoeuvre fiscales pour permettre une vraie politique écologique, solidaire donc durable ?

D'abord, on va commencer par économiser les dépenses obsolètes (notamment sur la politique en faveur du bitume). Ensuite, il faut savoir que la part de vos impôts qui va à la région est infiniment petite. On peut envisager une augmentation de quelques pourcents de façon totalement indolore, mais à condition – bien-sûr - que cela face sens en termes d'investissement pour le bien être commun. L'impôt est une bonne chose s'il permet à la société d'avancer vers plus de solidarité. Au besoin, on peut envisager un budget participatif où les citoyens pré-affecteraient des sommes vers leurs propres priorités de leur quotidien, ou même soumettre à référendum une option de budget plus conséquent dont on lierait les nouvelles marges de manoeuvres à des objectifs de changement environnementaux et sociaux bien définis. C’est, en tous les cas, un sujet de débat qui ne nous fait pas peur. Nous ne ferons jamais de démagogie fiscale...

Moderateur metrofrance : Le chat va prendre fin. Souhaitez-vous ajouter quelque chose Gérard Onesta ? Ou simplement conclure ?

Le destin de notre région est entre les mains de ses habitant(e)s. Climat, santé, emploi, lien social, tout dépend d'abord de votre choix du 14 mars. Les écologistes sont prêts à mettre toutes leurs compétences pour relever ce défi. Vous pouvez compter sur nous, mais nous devons d'abord obtenir votre aide et votre confiance. Sachez que nous en serons digne. Je m'y engage...