Connaissiez-vous la nouvelle de Cormac McCarthy dont le film est adapté ?
Je les connaissais toutes mais pour La Route, j’ai d’abord lu le script avant de lire la nouvelle. L’une des choses que je préfère chez lui, c’est sa discipline dans la description des paysages. Mais La Route traite avant tout de la brutalité humaine.

Le film, comme le livre, pose beaucoup de questions morales…
Beaucoup de gens me demandent quel est le sens de La Route et je leur réponds qu’il tient en une seule phrase : “Nous avons tous le choix de faire le bien.” C’est une notion presque enfantine, mais c’est le chemin pour y parvenir qui est compliqué.

Avez-vous pu discuter de votre personnage avec McCarthy ?
Je ne sais plus bien si c’est lui ou si c’est moi qui ai appelé, mais nous nous sommes parlé au téléphone. Je voulais lui poser plein de questions, mais nous avons fini par parler de nos fils respectifs, de l’expérience d’être père. Il m’a proposé de l’appeler pendant le tournage mais je ne l’ai jamais fait. Pourquoi ? Parce que lorsque je me suis retrouvé face à mon jeune partenaire, Kodi Smit-McPhee, tout est devenu clair. L’affection que nous avons rapidement éprouvée l’un pour l’autre se ressent à l’écran, je crois.

Certains acteurs redoutent de jouer avec des enfants…
J’ai rencontré plus de problèmes avec les acteurs adultes qu’avec les enfants ! Certains acteurs sont très manipulateurs. Ils se disent que s’ils peuvent amoindrir votre performance, même de façon minime, la leur en sera améliorée. C’est très égoïste. Avec les enfants, les choses sont plus simples. Ils sont dans l’instant.