Avant même sa diffusion, votre film fait déjà polémique. Le ministre de la culture italien boycotte le festival et accuse "Draquila" d’être un film qui offense le peuple italien. Que lui répondez-vous ?
Je n’ai rien à répondre car il n’a même pas vu le film ! Dans la lettre qu’il a publiée dans un journal qui, au passage, appartient à Berlusconi, il parle d’une scène qui n’existe même pas. C’est la preuve qu’il a juste lu le synopsis. Cette polémique n’a aucun sens.

Souhaitiez-vous dénoncer le système Berlusconi en général par le biais du désastre d'Aquila ?
C'est l’idée du film, effectivement. Avec la gestion du drame qui a détruit l'Aquila, on voit clairement la véritable stratégie du gouvernement italien qui ne se gêne pas pour traîner la démocratie dans la boue en plaçant les intérêts personnel au-dessus de l’intérêt général.

Vous êtes un peu la Michael Moore italienne, non ?
(Rires) Nous avons en commun le fait de faire des documentaires satiriques sur la politique. C’est quelqu’un qui j’apprécie et dont je suis proche.

Pensez-vous que "Draquila" pourrait faire bouger les choses en Italie ?
Si les Italiens le voyaient, peut être ! Le film vient tout juste de sortir là-bas mais je ne suis pas sûre que mes détracteurs iront le voir. Si le film pousse les gens à réfléchir, c’est déjà un bon début.

Comment voyez-vous le futur de l’Italie ?
La situation est très compliquée. La crise est si profonde que je crois qu’il faudra beaucoup de temps avant que les choses ne changent.

Vous n’avez pas pensé monter les marches déguisée en Berlusconi, comme dans votre film ?
Non ! J’ai préféré mettre une belle robe et des chaussures dorées. J’ai eu ma dose de Berlusconi !