Vanessa, le scénario de L’Arnacœur vous a fait beaucoup rire, tandis que Romain dit qu’il a eu peur…
Vanessa Paradis : On ne doit pas avoir le même sens de l’humour ! Mais Romain, ne dis pas que rien ne t’a fait rire dans le scénario, quand même. Tu n’as pas fait le film juste pour mes beaux yeux. Moi, tout ne m’a pas fait rire, et toi, tout ne t’a pas déplu. Réponds !
Romain Duris : Tout à fait ! C’est vrai qu’il y avait du potentiel dans le scénario.
V.P : Si le scénario m’a plu, c’est surtout la rencontre avec le réalisateur, Pascal Chaumeil, qui m’a convaincue de faire le film. Ça et le fait d’avoir Romain pour partenaire.
R.D : Parlons-en !
V.P : Si Romain avait dit non, je ne sais pas si j’aurais accepté de faire le film.
R.D : Moi je n’ai pas peur de le dire : si ça n’avait pas été Vanessa, je ne pense pas que j’aurais fait le film. Même si je ne savais pas si on allait s’entendre...
V.P : C’était pas gagné ! (Rires)
Comment s’est passée votre première rencontre ?
R.D : C’était au téléphone. Et assez vite on s’est rendu compte qu’on était sur la même longueur d’onde. Comme je suis d’un tempérament plus inquiet que Mademoiselle, pour me jeter dans un projet, j’ai besoin d’y croire et d’être rassuré. Surtout quand c’est une comédie, car en matière d’humour, on n’a pas tous les mêmes goûts. Mais avec Vanessa, ça a tout de suite accroché. Comme avec Pascal Chaumeil, qui a tenu compte de nos remarques et de nos propositions.
Avez-vous eu votre mot à dire sur le scénario ?
R.D : Pascal était ouvert à toutes les suggestions qu’on lui a faites. On avait envie, Vanessa et moi, que notre couple fasse vraiment rêver et que le film soit plus romantique. Mais je pense qu’il attendait aussi cela de nous car il a tenu à son casting.
V.P : Oui, mais il n’a pas non plus accepté tout ce qu’on lui a proposé ! Disons les trois quarts...
R.D : On a sauvé son film !
V.P : (Rires.) Mais arrête, il y avait un bon scénario et l’histoire est restée la même. Ce sont des petites choses. Par exemple, le personnage de Romain, on voulait qu’il soit plus humain et pas juste un gros dragueur qui fait tomber les filles en claquant des doigts.
Justement, un type payé pour séduire les filles et briser des couples, ça vous paraît crédible ?
V.P : A mon avis, ça ne marcherait qu’une fois sur cent car il faudrait que le type soit vraiment fait pour la fille. Combien de fois on a vu des gens mal accompagnés qui croient dur comme fer à leur couple, quoi qu’on leur dise.
Comme votre personnage, êtes-vous prêt à faire des folies pour séduire ?
R.D : Mais bien sûr ! Moi, je suis bien plus dingue que mon personnage. J’ai fait des trucs de fou pour séduire des filles, mais je ne vous dirai pas quoi.
Pascal Chaumet vous a-t-il demandé d’improviser ?
V.P : Pour moi pas beaucoup, mais pour Romain oui. L’improvisation, je ne m’en sens pas très capable. J’aime bien me reposer sur le texte et me balader avec ensuite. Chacun son truc.
R.D : Moi j’ai aimé l’exercice. Surtout avec François Damien pour partenaire. Le Belge est intenable, il faut être à la hauteur !
Vanessa, dès que vous faites un film, on parle de votre retour au cinéma.
V.P : Quoi que je fasse, au cinéma ou en musique d’ailleurs, on parle de mon éternel retour ! Mais je ne suis pas que comédienne, j’ai aussi un autre métier. Faire un album et une tournée, ça vous prend déjà quatre ans. Alors oui, je pourrais travailler tout le temps, mais j’ai aussi une vie de femme et de mère. J’ai envie de passer du temps avec mes enfants. Je suis très chanceuse de pouvoir choisir les projets qui me tiennent vraiment à cœur.
Dans le film, Romain, vous avez une scène de danse mémorable. Après Paris, vous confirmez vos talents de danseur…
R.D : Dans Paris, je faisais genre, j’arnaquais ! Mais là j’ai beaucoup travaillé, et j’en avais bien besoin. J’ai eu beaucoup de plaisir à tourner cette scène. J’accorde beaucoup d’importance à l’expression corporelle. Les corps qui bougent, ça me bouleverse. (A Vanessa) Tu vois que je peux faire de belles phrases, moi aussi !



































