Ça vous dérange si je fume ?”Leonardo DiCaprio débarque en interview un cigare de marque au bec, son sourire irrésistible vous ordonnant presque de dire “non !”. A 35 ans passés, costume classe et cheveux gominés, l’acteur américain ressemble un peu moins au romantique Jack Dawson de Titanic et un peu plus au marshal Teddy Daniels, le héros torturé de Shutter Island, sa quatrième collaboration avec le réalisateur Martin Scorsese, sans doute la plus exigeante à ce jour.
“Mon personnage est hanté par une série de traumatismes hérités de son passé”, explique la star. “Si j’étais prêt à assumer ses émotions, je ne savais pas toujours quand les exprimer. Sur le plateau, j’ai vraiment dû explorer le personnage en repoussant sans cesse les limites.”
Pour l’imprégner de ce rôle complexe, qui gagne en intensité au fil du récit, Scorsese a fait visionner à sa vedette de nombreux classiques, de Laura, d’Otto Preminger, à Pendez-moi haut et court de Jacques Tourneur. Mais l’influence majeure, “c’est Sueurs froides d’Alfred Hitchcock, et notamment la façon dont le policier interprété par James Stewart est obsédé par son enquête, au point de ne plus savoir faire la différence entre le vrai et le faux, le rêve et la réalité.”
Aux dernières nouvelles, Leo devrait retrouver son réalisateur fétiche une cinquième fois pour un biopic très attendu de Frank Sinatra. “Chaque fois que j’arpente un plateau avec lui, c’est un vrai cadeau”, reconnaît DiCaprio. “J’ai grandi en regardant ses films et je m’estime très chanceux de pouvoir travailler avec un homme que je considère comme le plus grand cinéaste de notre époque.”



































