L'ouvrage n'est pas encore sorti qu'il fait déjà des vagues. Dans son livre "Belle et Bête", Marcela Iacub raconte sa liaison de sept mois avec Dominique Strauss-Kahn. Un récit dans lequel DSK apparaît de manière anonyme et qu'elle compare à un "cochon", "un être dégueulasse, incapable d’aucune forme de morale, de parole, de sociabilité".

Anne Sinclair y est pour sa part considérée comme "une maître du monde" et l'auteur lui prête cette phrase terrible : "ll n'y a aucun mal à se faire sucer par une femme de ménage". Rhabillés pour l'hiver et de nouveau sous le feu médiatique, Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair n'ont pas manqué de réagir face aux "attaques" de l'auteure. 

Anne Sinclair et DSK montent au créneau et menacent de poursuites

Dans une lettre au fondateur du Nouvel Observateur, l'ancien directeur du FMI fait part de son "double dégoût". Il exprime aussi son écoeurement premier à l'égard de l'auteure, Marcela Iacub : "celui que provoque le comportement d’une femme qui séduit pour écrire un livre, se prévalant de sentiments amoureux pour les exploiter financièrement", écrit-il. Ce livre est pour lui, "une atteinte méprisable de [sa] vie privée et à la dignité humaine" et précise qu'il a demandé à ses avocats "d'étudier toutes les voies légales pour combattre cette abomination". 

Anne Sinclair a quant à elle adressé une lettre à Laurent Joffrin et à Jérôme Garcin relayée sur le site du Point. La journaliste y dénonce "la manoeuvre d'une femme perverse et malhonnête, animée par la fascination du sensationnel, et l'appât du gain (...) c'est méprisable", lance la patronne du Huffington Post français. "Lui donner la caution de ce que fut ce journal est répugnant et le réduit à n'être plus qu'un hebdomadaire à scandales.", poursuit-elle en indiquant qu'elle se réservait le droit de donner suite à cette affaire.

Autrement dit, Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn vont discuter avec leurs avocats et pourraient entreprendre des démarches judiciaires à l'encontre de Marcela Iacub, l'auteure du livre "Belle et Bête". Mais au delà des remous, prévisibles, générés par ce livre qui est Marcela Iacub, celle par qui le scandale revient tel un boomerang à la figure de Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair ? 

Marcela Iacub, l'intello-sexuelle

Née en Buenos Aires en 1964, Marcela Iacub est une juriste, essayiste et romancière principalement connue pour ses ouvrages et ses prises de position féministes et libertariennes. Diplomée du droit du travail, elle se spécialise en philosophie du droit, elle devient la benjamine du barreau de Buenos Aires, à 21 ans. Elle poursuit ses recherches et devient chercheuse au CNRS avec pour comme sujet de réflexion de prédilection : la prostitution, le mariage pour tous entre autres. 

Quelques années plus tard, elle devient célèbre avec "Le crime était presque sexuel. Et autres essais de casuistique juridique", sorti en 2003. Dans cet essai, Marcela Iacub a regroupé ses articles portant sur la régulation du comportement sexuel dans le droit contemporain français et les lois bioéthiques de 1994. Invitée sur de nombreux plateaux de télévision pour apporter un éclairage nouveau à certains débats qui agitent la société française, elle devient ensuite chroniqueuse au journal Libération où elle exerce toujours, d'ailleurs. 

En janvier 2012, Marcela Iacub avait marqué l'opinion en défendant Dominique Strauss-Kahn dans son livre "une société de violeurs ?" et quatre mois après, alors en pleine relation amoureuse avec ce dernier, elle créé la polémique en expliquant que le viol n'est pas toujours traumatique. "Il y a des gens qui ont été à Auschwitz qui ont été traumatisés et d'autres non ", justifiait-elle sur les ondes de France Culture.

"Je suis une sainte"

Aujourd'hui, c'est en tant qu'ancienne compagne de Dominique Strauss-Kahn qu'elle se montre dans les pages du Nouvel Observateur pour la seule et unique interview qu'elle donnera à la presse. Sa relation avec DSK ? Elle la qualifie de "folie" qu'elle explique comme une rencontre dans le cadre d'un reportage, une enquête de terrain. Elle confie également qu'elle souhaitait écrire un livre sur DSK, "cet individu si singulier", comme elle le figure dans son interview au Nouvel Observateur. Plus loin dans la provocation, elle se compare à une "sainte" voulant "sauver" DSK de son enfer.

Toujours dans cette interview, elle avoue qu'avant de rencontrer DSK, [elle était] très déprimée" et "voulai(t) mourir", confie t-elle. Et c'est elle qui a signifié à DSK qu'elle ne voulait plus le voir, préférant s'occuper de sa chienne Lola, "l'amour de [sa] vie", dit-elle.