Satoshi Kon, un des maîtres du manga animé japonais s'est éteint mardi, à l'âge de 46 ans, des suites d'un cancer du pancréas. Celui qui a débuté sa carrière comme mangaka (dessinateur de manga) aux côtés de Katsuhiro Ōtomo (Akira) s'est fait remarqué dès la sortie de son premier manga animé en 1997, Perfect Blue, considéré comme un chef-d'œuvre du genre.
Ce thriller schizophrène nous emmène dans les pas de Mima, une chanteuse de Jpop (Japanese pop) qui décide d'amorcer un tournant dans sa carrière en acceptant un rôle dans une série télé. Cette décision ne sera pas du goût de tout le monde, et notamment de l'un de ses fans qui va étaler la vie privée de la jeune star sur Internet. On trouve dans ce long-métrage tous les ingrédients qui vont faire le succès du réalisateur, et notamment la porosité entre la réalité et le monde des rêves ou, plus exactement, des cauchemars.
Car l'univers onirique de Satoshi Kon n'est pas du tout fait pour les enfants. En témoigne son dernier opus, Paprika, où il est question d'une machine à explorer les rêves d'autrui. L'exubérance joyeuse et colorée du monde onirique vire rapidement au cauchemar à mesure qu'il côtoie la réalité. Dans la même veine, la sublime série Paranoïa Agent, où un jeune gamin monté sur rollers agresse les gens à coups de batte de base-ball... Mais ces agressions se sont-elles réellement passées ?
A l'instar de Lynch et son Histoire Vraie, Satoshi Kon a aussi réalisé une fable réaliste : Tokyo Godfathers, récit de trois clochards recueillant un bébé abandonné. Il faudra que ce soit là, dans la réalité des bas-fonds d'une société japonaise déboussolée, que l'humanité trouve à ses yeux un semblant de grâce.


































