Après un tel succès critique et public, Marie Ndiaye pouvait-elle manquer le Goncourt ? Frédéric Beigbeder, le Renaudot ? Une fois n'est pas coutume… Après la surprise Atiq Rahimi pour "Syngué Sabou, Pierre de patience", l'année dernière (POL), les jurys de deux des prix littéraires les plus importants – en termes de retombées, tirages, prestige – ont couronné les favoris des critiques. Depuis des semaines, en effet, le "tout Paris" bruissait et misait. Marie Ndiaye (Gallimard) évidement pour le Goncourt – quoique Jean-Philippe Toussaint la talonnait de près. Prix Femina 2001 pour "Rosie carpe", elle devient ainsi la neuvième femme à obtenir le Goncourt - la dernière étant Paule Constant en 1998 - au premier tour de scrutin avec cinq voix contre deux à son challenger. Belle victoire aussi pour Gallimard qui remporte là son 36e prix Goncourt. De quoi alimenter bien des antiennes. Autre grand favori des pronostiqueurs, Frédéric Beigbeder qui rafle par sept voix au cinquième tour, le Renaudot pour "Un roman français"(Grasset).

Deux types de littérature

Ndiaye/ Beigbeder, deux choix pour deux voix des lettres contemporaines. L'une remarquable pour sa singularité, son exigence littéraire. L'autre - portée par un homme de réseaux et de plateaux - toujours très remarquée. L'un s'est dit "très heureux" de se "retrouver sur la même liste" que Louis-Ferdinand Céline et Georges Pérec… L'autre, espère que cette récompense permette de mieux faire connaître l'histoire des femmes africaines. Pas forcément les mêmes valeurs, donc. Quant à la saveur, chacun jugera. Goncourt ou Renaudot restant toujours plus chics à offrir qu'un ballotin de chocolat…