C’est LE livre de cette rentrée littéraire. Sorti vendredi dernier, La Carte et le Territoire occupe depuis des semaines tout l’espace médiatique. Détracteurs et admirateurs s’affrontant par articles interposés à son propos. Et maintenant, il est question de plagiat (lire notre encadré).
C’est que Houellebecq a l’habitude de s’emparer comme personne des sujets qui fâchent (le tourisme sexuel, l’extrémisme religieux, la guerre des sexes, les relations familiales...), une odeur de soufre précède désormais chacune de ses nouvelles publications.
Sauf qu’avec La Carte et le Territoire, à qui on prédit déjà le Goncourt, Houellebecq ne fait jamais dans la provocation. Abandonnés aussi les délires visionnaires de La Possibilité d’une île (2005) : on suit dans ce nouveau roman le parcours de Jed Martin, artiste plasticien qui fera fortune avec une œuvre construite autour de cartes Michelin, d’où le titre, puis en peignant des portraits d’hommes d’affaires.
Sur son chemin, il croisera des personnages dont les noms diront forcément quelque chose aux lecteurs hexagonaux : Jean-Pierre Pernaut, Frédéric Beigbeder ou encore... Michel Houellebecq. Car c’est ici à un incroyable autoportrait et à autant de mises en abyme que se livre l’auteur de Plateforme (2001), s’incarnant jusqu’au vertige dans nombre de ses personnages.
Une démultiplication féconde et fascinante qui n’a d’autre but que de résister à ce monde marchand où se répliquent à l’infini des produits destinés à une consommation immédiate et mortifère. Un monde de l’argent roi qu’il décrit avec une sublime ironie.




































