"Heligoland" est plus chaud, plus lumineux que son prédécesseur, "100th Window". Est-ce dû au retour de Daddy G. au sein du groupe ?
3D : Comme toutes les familles, nous avons connu des hauts et des bas mais je ne peux pas dire que j’étais très heureux de faire "100th Window" sans lui. C’était un disque sur l’absence.
Daddy G. : Avec "100th window", il fallait frapper à la porte pour entrer mais on ne se sentait jamais vraiment chez soi. "Heligoland" est plus ouvert, nous avons travaillé dans un esprit de communauté en privilégiant l’aspect "chanson" de Massive Attack.
Expliquez-moi votre façon de collaborer. Avez-vous besoin de vivre avec chaque chanson pendant de longs mois avant de les finaliser ?
Daddy G. : Honnêtement si on passe trop de temps avec une chanson, elle finit par être pourrie ! (rires). Disons qu’à un moment donné, il faut savoir trancher. Malheureusement avec ce garçon (il désigne Robert) ce moment n’arrive parfois jamais…
3D : "G" a une bonne oreille de DJ. Il sait lorsqu’un truc sonne bien alors que moi j’ai tendance à expérimenter pendant des heures.
"Heligoland" est le nom d’une archipel. Peut-on dire que chaque chanson est une île qui communique avec la précédente et la suivante ?
Daddy G : C’est une bonne interprétation, je vais peut-être me l’approprier pour de prochaines interviews ! (rires).
Robert : En fait j’ai choisi ce titre parce qu’on a l’impression qu’il s’agit d’un anagramme, une combinaison de mots réarrangés de façon aléatoire sur la pochette. C’est une sorte de puzzle.
Et si "Heligoland" était un film ?
Robert : Ce serait un film sur une société secrète qui se serait installée sur une île déserte, aurait expérimenté à fond jusqu’à s’auto consumer au point que chacun de ses membres servait devenu un cannibale assoiffé de sang !
Votre premier album est sorti à l’époque de la première guerre en Irak. Pour vous quel est le principal péril auquel notre société est confronté aujourd’hui ?
Pour moi c’est notre capacité à survivre aux structures capitalistes qui écrasent les individus. Sans parler de la mort des idéologies, et le fait que plus personne ne fait confiance aux leaders qui nous gouverne. Ajoutez-y les pandémies et le problème des réfugiés climatiques et on peut se demander comment nous allons survivre aux 20 prochaines années !
Et que va-t-il arriver à la musique dans toute ça ?
Robert : Le blues survivra toujours, mec !
G. : C’est la seule chose qui nous apporte encore du réconfort, non ?



































